Guy Môquet 2008
3 commentaires sur le liste CVUH :
celui-ci, dans une version réécrite
par un collègue :
Cette année, la commémoration de
la mort de Guy Môquet, le 22 octobre, coïncide avec la semaine
de L’Europe à l’Ecole. Alors que la France préside
le Conseil de l’Union européenne, il est demandé aux
enseignants de donner une coloration européenne aux commémorations
de mercredi (BO n°33 du 4 septembre 2008, dans un encart spécial).
http://www.education.gouv.fr/cid22276/mene0800716n.html
Inutile de revenir sur cette figure (particulièrement)
imposée de l’année scolaire et des problèmes
qu’elle pose tant aux enseignants d’histoire-géographie qu’à
leurs collègues (voir les prises de positions du CVUH à
ce sujet). Seulement, la perspective européenne que l’on veut
donner, cette année, à cette commémoration ajoute
encore au malaise.
C’est une évidence de dire que des jeunes,
dans leurs pays respectifs, dont l’Allemagne ou l’Italie, se sont
battus courageusement et sont morts contre le fascisme et le nazisme.
Mais, la vision de ces jeunes résistants était souvent
bien éloignée de cette « Europe unie, fondée
sur la démocratie et le respect des droits de l’Homme » évoquée
par le BO. En effet, beaucoup luttent dans une perspective strictement
nationale, voire nationaliste; les communistes ont eux bel et bien
conscience d’enjeux plus vastes, mais ils inscrivent leur action dans
une perspective internationaliste beaucoup plus qu’européenne,
c’est-à-dire fondée sur une fraternité de classe par-delà
les frontières politiques et non sur une communauté
de destins inscrite dans un territoire européen -quand ils
ne se contentent pas d’ailleurs d’une action strictement patriotique.
Circonstances aggravantes, l’Axe et les Etats
collaborateurs sont, à l’époque, les principaux utilisateurs
de la thématique européenne. L’Europe contre le bolchevisme
est un des axes majeurs de leur propagande. Charles Boizard, jeune
résistant du Lot, n’est donc malheureusement pas le seul à
« mourir en rêvant à une Europe unie ».
Aussi condamnable qu’ait pu être leur engagement, des combattants
de la LVF ont pu sincèrement croire se battre et mourir pour
une Europe Nouvelle et unie.
Ne parlons même pas des idéaux de
la Résistance [nationalisations, Sécurité sociale,
(cf. programme du CNR de 1944 pour la France)] assez peu en rapport
avec la construction européenne telle qu’elle s’est faite
depuis ces cinquante dernières années.
Ainsi, malgré les quelques précautions
rhétoriques prises par les rédacteurs du BO, cette
journée Guy Môquet risque d’être la porte ouverte
à des reconstructions abusives et a posteriori. La Résistance
comme l’Europe sont des sujets importants et sérieux. Ils méritent
mieux que des journées prétextes, durant lesquelles, en outre,
à
trop vouloir embrasser, on n’étreint rien du tout. Les commémorations
de l’Armistice de 1918 risquent, hélas, de nous en fournir
prochainement un nouvel exemple.
P 2008
"Ce texte est typique des modalités
du système scolaire français bureaucratique et de ce
que l'on peut appeler la pédagogie par
circulaires..." écrit Suzanne
Citron qui rappelle aussi l'instrumentalisation du thème de l'Europe
par les milieux collaborationnistes.
De son côté, Samuel
Kuhn souligne l'engagement européen de certains résistants
(manifeste de Ventotene, déclaration de Genève en juillet
1944)
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