Vire 1944

émission enregistrée à Vire-FM 
en juin 1984

M Alphonse Savey : L'état d'esprit était à l'attente. De nombreuses familles écoutaient la radio anglaise, malgré le danger ; il fallait faire attention, mais, à ma connaissance, personne n'a été inquiété par les Allemands sur cette écoute. Pour ma part, j'écoutais la radio de Londres, entre autres dans la cave du café des Fleurs, avec quelques amis. Le jour du débarquement, Churchill disait qu'il n'y avait aucun danger à plus de 50 km des côtes. Cela a été une petite erreur !

Le maire de Vire s'appelait M Mesrouze, à la suite de M Pelletier. Le sous-préfet, c'était M Liard, le secrétaire M. Cosnard ; le lieutenant de gendarmerie s'appelait (Quikeray). Heureusement, tous les gendarmes n'avaient pas fait les choix que lui ; certains étaient avec nous, ce qui avait permis à M Lempérière d'entrer dans ce corps et d'aider le maquis de Saint Clair.
Les Virois ne manquaient pas trop de ravitaillement, nous avions tous des amis en campagne ; 

Quelles étaient les principales préoccupations des Virois ?
A Savey : La garde des voies pour les requis, le travail obligatoire pour les asperges de Rommel.

M Roger Donval : Avant le bombardement, la vie était normale.
On préparait la fête des Rogations, les manèges se mettaient en place, la communion solennelle était prévue pour le dimanche suivant.
Le matin du bombardement, le mardi 6 juin, le tribunal de commerce de Vire a tenu son audience habituelle, de 10h du matin à midi.
Il est vrai qu'en nous quittant, nous nous sommes dits : " quand et où nous reverrons-nous ? "

A Savey : Le matin du 6, comme je m'occupais de la garde des voies, - j'avais droit à une bicyclette et à un gourdin qui ne m'a jamais servi - , j'ai ramassé plusieurs tracts, entre Courson et St Aubin des bois.

(Message urgent aux habitants de cette ville (extraits lus par A Savey)
" Les armées de l'air alliées vont attaquer tous les centres de transport ainsi que toutes les voies et moyens de communication vitaux pour l'ennemi. Des ordres à cet effet ont été donnés. L'objectif vital près duquel vous vous trouvez va être attaqué incessamment. Il faut sans délai vous éloigner avec votre famille pendant quelques jours de la zone de danger où vous vous trouvez. N'encombrez pas les routes, dispersez-vous dans la campagne autant que possible. Partez sur le champ, vous n'avez pas une minute à perdre ".

Ces tracts ont été apportés à Vire, mais nous avions ordre de les remettre à la gendarmerie ou à la sous-préfecture ; il ne fallait pas les diffuser ; leur contenu a filtré cependant, mais le temps a manqué pour en tirer parti.

Dr Coupey : Il faut parler de la Défense passive. Les Virois ne s'attendaient pas à pareil désastre.

R Donval : j'ai eu connaissance du tract dans l'après-midi du 6, chez un voisin. Depuis plusieurs mois les localités de la côte recevaient ce type de message, sans conséquence dramatique. 
De toute façon, il nous était interdit de quitter Vire.

X - J'ai eu connaissance du message le lendemain, le 7.
Il y en avait des milliers dans les champs de Maisoncelles, de Truttemer, de St Germain de Tallevende. A ce moment, le vent soufflait très fort (le débarquement avait failli être compromis), ils ont donc été dispersés dans la campagne.

Les Virois s'attendaient-ils au débarquement ?
A Savey : Le dimanche précédent, la gare de Domfront avait subi un bombardement très destructeur.
Le 6 juin, on était en alerte par le passage des " forteresses volantes " toute la matinée, par le bruit de l'artillerie dans le lointain.

Comment avez-vous eu connaissance du débarquement ?
M Jacques Poret : Depuis quelque temps, on sentait que quelque chose se préparait, les Allemands semblaient inquiets ; Tôt le 6 au matin, on a entendu les tirs d'artillerie de marine depuis Vire. Un roulement continu.

A Savey : Pas de confirmation, mais des mouvements pressants ; le matin du 6 juin, j'ai conduit mes 2 enfants à la campagne.

R Donval : Mardi matin vers 5h, nous avons été réveillés par l'éclatement de plusieurs fusées tirées depuis la Porte Horloge ; nous avons pensé à une alerte donnée aux troupes d'occupation locales.
On ne s'est pas rendormis, on a attendu.

A Savey : La présence des Allemands sur le beffroi était récente.

Combien y avait-il d'Allemands à Vire ? Quels étaient les rapports avec eux ?
X : Il n'y avait pas de garnison allemande à Vire; seulement quelques Allemands qui s'occupaient d'intendance, notamment de boulangerie.

A Savey : il y avait la Manutention au collège Maupas actuel. La feldgendarmerie était rue du Calvados, 
quelques troupes pour nous faire travailler aux asperges de Rommel. Plus le passage en repos de certaines compagnies. 
Le 6, peu d'Allemands. Moins de 50.

Jacques Poret : En qualité de pompier, j'étais de permanence à l'arsenal aux Halles (l'actuelle MJC).
Dans le milieu de l'après-midi, nous avons été avisés qu'un avion avait mitraillé la gare.
A côté, une ferme a brûlé ; un allemand très connu des Virois a été blessé. Je le vois encore partir sur une civière. Les pompiers ont éteint l'incendie.

Le bombardement a eu lieu vers 19h (plutôt juste après 20 h, NDLR) ; plusieurs vagues d'avions sont passés au dessus de la ville. Puis, d'un seul coup les bombes sont tombées, pas loin.

Nous sommes remontés vite, par le bas de l'avenue de la gare, en tentant de libérer les civils pris sous les décombres.
Le mitraillage a paradoxalement sauvé la vie d'une partie des pompiers : au centre ville, l'arsenal des pompiers avait reçu les premières bombes. Jusqu'à minuit , nous avons éteint ce que nous avons pu, avec ce qui restait du matériel. On n'avait plus rien pour travailler ; on a réussi quand même à s'organiser.

Une autre vague est revenue pour détruire complètement le centre de la ville. J'étais sur la maison de Rémi (Letissier), la maison de droite. Tout brûlait, j'étais occupé à éteindre l'incendie. On m'a crié de redescendre, sinon j'y serais resté moi-même. 
Des bombes sont retombées à minuit. Nous nous sommes réfugiés avec des gars de la Défense passive (Blanchard) sous la Porte Horloge. Sans la porte Horloge, nous ne serions pas là. Tout brûlait autour, dont la pharmacie Halbout.

A Savey : A 8 heures, j'étais en train de dîner rue du Haut Chemin, en face de la rue Delavente ; une voisine, Mme Briens comptait les avions : 12,14, 18, 20, 22. Le sifflement annonçait le bombardement ; j'en avais fait l'expérience en 1940.
J'ai pris mes dispositions pour participer à la Défense passive, ma femme est partie vers les Cascades de Roullours. C'est là que je l'ai retrouvée 3 jours après.

Les bombes sont tombées sur le centre ville, la pharmacie de M Halbout a été détruite ; tout le centre a été très touché, durement touché. J'ai emporté M Lebossé à Blon, Mlle Huard, toujours vivante, je l'ai transportée à l'hôpital, en lui faisant beaucoup de mal car j'étais seul à la porter.

Comme je remontais la rue du Haut Chemin, mon secteur, un second bombardement a eu lieu ; deux énormes bombes ont fait des cratères importants, de plusieurs mètres de profondeur. J'ai été moi-même touché, j'ai eu un moment d'absence, mais j'ignore combien de temps cela a duré.

R Donval : Avant le bombardement, nous bavardions avec une voisine dans la rue Foulerie. Nous avons vu les avions arriver. On les admirait presque, jusqu'au moment où on a vu les bombes se détacher. Nous sommes descendus immédiatement dans la cave ; un bombardement terrible, extraordinaire, affolant ; immédiatement après, Mme Gilles est partie retrouver sa famille. Je suis monté voir les miens ; un de mes fils, malade, avait passé une radio le matin ; on craignait une tuberculose. Dans la chambre, eux aussi regardaient les bombes. Soudain, ma femme et mes 2 fils se sont trouvés projetés au fond de la pièce. Il y avait une fumée, une poussière extraordinaire ; dans la rue, les fils électriques pendaient lamentablement, les fenêtres étaient arrachées, les volets métalliques pendaient comme s'ils avaient été arrachés par un souffle infernal. C'était dantesque.

Nous nous sommes précipités dans la cave à Coulon, rue Chaussée.
Là, nous étions une quarantaine à attendre la fin du bombardement.

X : Aussitôt après ce bombardement, je suis sorti dans la rue : la gendarmerie flambait, tout comme les pharmacies Wolen Weber et Halbout. J'ai vu passer les 2 premiers blessés ; ils étaient couverts d'une poussière épaisse, noire, gluante ; il y avait pas mal de sang . Quelques temps après, j'ai vu un autre blessé, que j'ai été emmené rue d'Aigneaux, où le docteur Coupey était en train d'opérer.
Dans le poste de secours, la même poussière irrespirable.

Par la suite, j'ai conduit des blessés à l'autre poste de secours, à la salle Polinière. Même atmosphère. Les médecins, les infirmières récitaient des prières.

Dr Coupey : Après avoir échappé au bombardement, alors que je descendais de St Thomas, ne pouvant plus passer par la rue aux Fèvres, j'ai gagné par l'actuelle rue des Déportés, puis la rue d'Aigneaux où se trouvait mon poste de secours.

J'y ai passé toute la nuit, assumant la besogne d'un infirmier sans lumière, sans électricité, ni eau ; donnant des soins élémentaires, pratiquant des piqûres pour atténuer les souffrances ; dans la nuit, le souffle des nouveaux bombardements est venu éteindre nos lampes à pétrole.
La verrière de la salle des Ventes a volé en éclats.

Le lendemain, je dois citer à la reconnaissance des Virois le courage de Marcel Arnois, le garagiste de Sourdeval. Il est venu le 7 au matin, avec des camions pour se mettre à la disposition des médecins. Une formation sanitaire a été constituée à Truttemer.

J Poret : André Séverin est aussi à mentionner.

A Savey : Dans la rue d'Aigneaux, toute la famille Jean a été massacrée ; impossible de les dégager, en dehors d'un jeune garçon.
L e collège a aussi été détruit; Le directeur a été tué, en même temps de deux internes. Les autres élèves avaient été renvoyés chez eux.

Pourquoi bombarder Vire ?
Pour retarder l'arrivée des renforts allemands, dont la division Das Reich.

Le Dr Coupey cite le témoignage du Dr Ferret à St Malo, qu'il connaissait personnellement. Lors d'un entretien avec Eisenhower, il l'a interrogé sur ce point. 
Réponse d'Eisenhower : "  Parce que c'étaient des nœuds routiers ".

Mais autour de la ville, dans les communes proches, les Allemands avaient mis des pancartes sur les routes secondaires.

A la piscine, cela a été très grave.
Il y a eu énormément de tués dans le chemin de la piscine, environ 70 personnes.
La route de Rennes était-elle visée, ou bien l'usine électrique des Vaux ? La piscine a-t-elle été prise pour l'Ecluse ?

Différents types de bombes.
Des bombes à retardement, des bombes incendiaires, à phosphore.
J Poret se souvient surtout de l'odeur, et du souffle qui projetait contre le mur.

R Donval : Dans la cave, j'essaie de sortir et d'aller vers la rue du Calvados où habitait ma belle famille.
Sur la place de l'Hôtel de ville, cela brûlait, la rue Saulnerie brûlait, j'ai fait le tour par la place Nationale. Rue Chênedollé, puis le Champ de foire. Tout brûlait.
La rue Notre-Dame a été relativement épargnée. L'église a brûlé par la suite.
Au retour, j'ai rencontré le lieutenant de gendarmerie, le maire M Mesrouze ; ils nous disaient " Quittez Vire, partez rapidement ".
Je suis redescendu dans la cave ; j'ai transmis l'ordre ; nous sommes partis dans la nature.

Combien de morts ?
A Savey : il est difficile de donner un chiffre. 
En municipalité, le chiffre retenu est de 350 tués, et environ 500 victimes dont certaines non pas survécu.

J Poret : on en a dégagé pas mal . A St Jean Eudes, 4 ou 5 soeurs ont été ensevelies ; les 3 pompiers les ont sauvé. Il y avait la mère à M Lagoual qui était à St Anne. Beaucoup de victimes ont été dégagées ensuite, comme le fils de M Gougeon, qui a été tué plus tard en revenant chercher des affaires. On a creusé pas mal de tombes à l'Hôtel-Dieu.

Le débat continue sur les chiffres, entre les tués et les victimes ( 600 ? 1500 pour l'agglomération ?).

Quelle était l'importance des destructions ?
La rue aux Teintures, d'Aigneaux, une partie de la rue Girard ont été préservées.
92 % de la ville a dû être reconstruite.

R Donval part à la Besnardière. Il voit de loin que l'incendie a détruit le quartier où était sa maison.
Avec Jean Duffet, qui devait trouver la mort, quelques jours plus tard, sur la route de Mortain , il va à la ferme Leroy, où une salle est mise à la disposition des Virois.
Peu après, comme une compagnie de chars allemands vient se mettre à l'abri sous les futaies, R Donval décide de partir.
Il va chez les Auvray, qui hébergeaient déjà une quarantaine de personnes. 
Il insiste sur sa reconnaissance quant à la qualité de cet accueil.

Comment vivaient ces réfugiés ?
La nourriture ne manquait pas dans ces fermes ; on allait, 2 par 2, chercher la farine au moulin du Fay.
Et avec les Chanu, les Aubert, les Lonceint, les Gosselin, on avait établi un tour de garde.
La boulangère de St Germain de Tallevende a fait un travail considérable et précieux.
On dormait tout habillés, couchés dans les écuries qui avaient été nettoyées pour la circonstance.
Les chaussures étaient au pied du lit.
A chaque bombardement, on se précipitait au dehors.

M Bouglier-Desfontaines : il part à Roullours, avec sa femme et ses enfants.
Puis il revient en ville chercher une grand mère infirme. Il bénéficie de l'aide d'un pompier et passe par l'Ecluse, le seul passage praticable.
Cette dame décède quelques jours plus tard : elle avait été très choquée.
L'enterrement est difficile ; faute de prêtre, un paysan improvise une cérémonie.

A Savey : J'ai pris la direction de la Besnardière ; puis aux Etalars, où j'ai retrouvé de nombreux Virois.
On s'est débrouillé, on est venu récupérer de la vaisselle à la SGE.
Je reste une journée.
Je suis passé par chez Eugène Jouenne, qui a abrité près de 200 personnes.
Eugène Jouenne va à la Manutention voler de la farine. Un boulanger de la rue Saulnerie fait le pain pour tous. Cela a sauvé pas mal de gens.

R Donval : Les fermiers, on leur doit une reconnaissance énorme.
La nourriture ne manquait pas, mais faire de la galette pour 50 personnes dans la cheminée, c'est une prouesse.

BD : En ville, il y avait du pillage.
Il se fait voler l'argenterie qu'il voulait emporter en même temps que sa grand mère.
A Truttemer, une cave avait été transformée en prison, le procureur de la République était là. Tout comme M Roger, avocat, qui faisait fonction de juge de paix.
La bicyclette de BD a été réquisitionnée par un " résistant ". Mais après guerre, il se souvient avoir reçu une indemnité.

Les pompiers en juin dans Vire :
La compagnie a eu des tués, Sicot à la Besnadière, Lelandais l'adjudant. 
Parmi les pompiers de cette époque, il cite : Haupais, qui vit toujours, Roger à la Besnardière, le père Janvier, Denis.

J Poret dormait à Maisoncelles. Il venait tous les matins. Il fallait déterrer les morts, mettre en place des fosses communes. Il faut rendre un grand hommage à la Défense passive, aux pompiers.

R Donval : 
Ma femme attendait un bébé pour le mois d'août ; j'avais deux choix possibles : aller au sud de la Loire, ou partir vers Paris. Mme Champetier de Ribes qui venait à Truttemer pour apporter des médicaments, remportait des beurres et des oeufs. Dans sa Juva4, elle a accepté d'emmener mon épouse et 5 autres personnes.
Les occupants devaient être sur leurs gardes pour échapper aux mitraillages ; le convoi a fait une halte à l'école des Roches à Verneuil.

R Donval les rejoint ensuite, à Paris, en vélo. Il n'en a jamais fait autant, avec un colis volumineux sur le 
porte-bagage. Il rappelle que les sinistrés sont partis sans rien, juste avec ce qu'ils avaient sur le dos.

A Paris, il contacte André Rault, un médecin d'origine viroise ; R Donval avait fait ses études avec les frères de ce médecin. Le fils de Roger Donval, Jean-Paul, naît le 23 août 1944, à la clinique St Pierre de Neuilly.

R Donval assiste à la libération de Paris par les troupes de Leclerc, dont il voit un char au bout de la rue.
Il a l'occasion d'assister à la cérémonie poignante qui a lieu à l'Arc de triomphe, et à la descente des Champs Elysées avec le général de Gaulle.
Il voit les derniers miliciens tirer depuis les toits.

J Poret : Il part dans les mines de St Clair sur Halouze, où 2 à 300 réfugiés attendent le passage des Américains. Il revient à Vire à la fin du mois d'août.

La famille Auvray s'est réfugiée à Magny le désert, près de la Ferté Macé. Elle y reste une dizaine de jours. Elle couche d'abord dans l'écurie, puis dans une petite maison.

Les frères Janvier racontent l'odyssée de leur famille: ils survivent au bombardement, alors que 18 de leurs voisins sont tués dans les deux maisons adjacentes. Un silence de mort dans tout le quartier ; impossible de savoir s'il y avait encore des vivants.

Ils ont souvenir de scènes cocasses
M Laurent, un homme de 70 ans, balayait les vitres de sa maison. Il était sourd.
M Keffer (boulanger rue du Calvados) cherchait sa femme et sa fille. Il avait sous le bras un pain de 6 livres.

A Savey cite 2 cas équivalents :
Mme Regenbach, à côté de Gesnouin, rue du Haut chemin, balayait également le trottoir.
M Dujardin, le chapelier, avait perdu un peu la raison – personne ne savait où était sa femme et sa famille-. A Alphonse Savey qui lui demande comment lui rendre service, il demande : " où est mon violon ? "

Les frères Janvier passent par Saint-Thomas, récupèrent un camion à bras pour transporter leur mère blessée. Ils gagnent le pont de Vaudry, croisent la Kommandantur de Bayeux repliée là. Puis craignant le bombardement de la voie ferrée Paris-Granville, leur père décide d'aller à Burcy.
Le 20 juillet, les Allemands leur donnent l'ordre d'évacuer vers le Sud.
Ils marchent pendant 15 jours, jusqu'au sud du Mans, où ils ont de la famille.

A Savey a vu son premier Américain à St Georges du Rouelley.
Dans la campagne, les paysans faisaient la moisson.

Daniel Letouzey - Alain Bihel
Vire-FM - juin 1984