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"Qui fait l'histoire de Mai 68
?" - Emmanuel Laurentin, (La Fabrique de l’histoire, France-Culture)
-rappel du message de C Pebarthe sur la liste H-Français : (20/05/2001) " Je vous signale que le lundi 21 mai 2001, sur France Culture, entre 15h10 et 17h30, La Fabrique de l’Histoire s’interroge : Qui fait l’histoire de Mai 68 ? Un débat avec Michelle ZANCARINI, Alain MONTCHABLON, Vincent PORHEL, Jean-LOUIS VIOLEAU. " Agitation ", " crise ", " révolte " ou encore " révolution ", Mai 68 a fait l’objet de nombreux ouvrages et de multiples études qui entreprirent, au lendemain des événements, d’expliquer le malaise étudiant de l’époque. La dénonciation de la guerre du Viet-Nam, le refus de la société de consommation et le rejet d’une université ressentie comme inadaptée à l’évolution des mentalités ont projeté la jeunesse française dans un large mouvement de contestation. D’abord impulsée par des groupuscules divers, maoïstes, marxistes, trotskistes, anarchistes, la révolte recueillit l’adhésion en masse des étudiants, avant de toucher d’autres catégories sociales, notamment les ouvriers. Si, pour beaucoup, Mai 68 fut un événement marquant dans l’histoire de notre pays, à tel point qu’il y aurait un avant et un après Mai 68, pour d’autres observateurs l’épisode souleva " beaucoup de bruit pour rien ". Aujourd’hui, plus de trente ans après, que reste t-il de Mai 68 ? Qui en écrit l’histoire ? Comment relate t-on et analyse-t-on ce conflit de société ? Ou sont les archives ? Autant de questions que tentera d’aborder La Fabrique de l’histoire dans le cadre d’un débat consacré à l’historiographie de Mai 68 et émaillé de reportages d’Aurélie Luneau. " Compte-rendu personnel : La Fabrique de l'histoire, un titre tout à fait opportun pour la très intéressante émission d'Emmanuel Laurentin sur mai 1968 (21 mai 2001). - Forte attention aux archives, publiques ou privées. - Un reportage à
la BDIC de Nanterre montrait les enjeux de la collecte,
les méthodes de classement, le travail des chercheurs. A la différence
des archives publics, ces dépôts privés sont généralement
accessibles sans délai (sauf décision contraire du déposant,
bien sûr)
Un exemple montre la rencontre entre archives privées et traces d'une action collective : Nicolas Hatzfeld explique comment, à la dissolution du PCMLF, il a fait déposer une partie des archives du mouvement. Il dit avoir "donné le maximum en préservant le maximum", avec le souci de ne pas mettre en difficulté les anciens militants. Autre exemple cité : celui de la Commune étudiante : des membres d'un séminaire de P Vidal-Naquet ont collecté à chaud des textes de mai 1968. Alain Schnapp explique la façon dont les documents ont été réunis et publiés. Il souligne l’application des règles de la critique historique à cette histoire immédiate, et en particulier la distinction entre faits et opinions, entre les documents, mis en contexte, et les points de vue portés sur eux. - Situation complexe pour les
archives de la police.
L’émission annonçait
un colloque sur " Archives et mémoires étudiantes
", qui a eu lieu le 6 juin 2001 :
D’une façon générale, dans cette émission, des jugements sévères ont été émis sur la manière dont de nombreuses institutions gèrent leurs archives. Qu’il s’agisse des universités, des écoles d’architecture, ou des organisations étudiantes. - Les particuliers possèdent parfois des sources intéressantes. Mais pour des raisons matérielles, pour des choix personnels, ces archives ont rejoint les greniers, les caves, ou les résidences secondaires. dans l'émission, des extraits sonores
:
3 observations : - La masse énorme des archives concernant cette période, avec une multiplicité des supports, et une grande diffusion de certains textes. - La place du témoignage
dans cette histoire d’une période proche.
- Les historiens présents
ont tous rappelé les limites d'une religion de l'archive.
Ces archives résultent d’une construction, qu'elles proviennent
d'une institution (dont la police), ou que le fond ait été
patiemment constitué par un historien ou une équipe d'historiens.
- Problèmes de l'écriture de l'histoire ensuite. Mai 68 n'est pas un sujet aussi sensible que la guerre d'Algérie. Les choix personnels transparaissent cependant
:
. Le sociologue Gérard Mauger aimerait bien savoir qui était sur les barricades (la pègre ?), et faire des statistiques à partir des mains courantes. . Nicolas Hatzfled n’a pas exploité comme historien les archives du PCMLF dont il était un des dirigeants, mais son sujet sur 1968 à Sochaux prolonge son histoire personnelle. Les codes intellectuels et idéologiques
ont très fortement changé, surtout après l’implosion
de l’URSS. La plupart des textes utilisaient une doxa marxiste souvent
étrangère à la formation des jeunes historiens.
Mai 68 est aussi l’objet d’une concurrence
mémorielle vive.
D'une façon générale la mémoire ouvrière a été éclipsée par les autres mémoires. Et l’étude du mouvement étudiant se réduit parfois à celle des étudiants du quartier latin, et parmi ceux-ci, aux principaux leaders connus. Dans les pistes suggérées :
- un travail de sociologie.
D’autres ouvrages portent sur les
leaders médiatiques dont certains occupent aujourd’hui des postes
de responsabilité.
Cette sociologie peut prendre, comme dans le travail de Marnix, la forme d’une " prosopographie ", d’une biographie collective, attentive à l’origine sociale, à la formation culturelle, aux choix politiques… - Les approches récentes
cherchent à replacer mai 68 sur une plus longue durée
(au moins de 1945 à 1981), et sortent du quartier latin,
pour s’intéresser à la France ( et au monde
occidental).
qq formules :
Pour compléter, sur
ce sujet :
Centre d'histoire du travail (Nantes), Mai 68
- une sélection :
D Letouzey - 20 juillet 2001, liens
mis à jour mai 2003.
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