[Les
cartes et les graphiques utilisés
peuvent être consultés dans les ouvrages
Laurent Carroué (dir)
La mondialisation CNED-SEDES 2006
Laurent Carroué, Didier
Collet, Claude Ruiz La mondialisation Bréal 2006
Laurent Carroué La mondialisation
Documentation photographique 8037 - 2004
Mondialisation - Globalisation,Historiens
& Géographes (n° 395, jt 2006)
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dégradées des images utilisées sont disponibles :
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webographie voir
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bienvenue à ceux qui ont assisté
à cette conférence et aux lecteurs du blog d'Hugo Billard
1ere partie : Mondialisation
- globalisation
I. Les débats autour des
concepts
A. Mondialisation : la fin des
territoires ?
Hégémonie conceptuelle
des économistes qui dépolitise et déterritorialise
les réalités? Théodore Levitt, Globalization en 1983
in Harvard Busines Review in « The globalisation of Markets »
: convergence vers marché unique dénué de toute différenciation
(Coca Cola…)
- Global Village de Marshall Mc
Luhan en 1968 (in War and Peace inthe Global Village ») en 1971 traduit
en 1971 par « village planétaire ».
- Travaux de Kenichi Ohmae (consultant
chez Mac Kinsey) en 1985 puis 1990 avec le concept de firme globale et
de World Compagny.
- Toutes les thématiques
de l’abolition et de l’espace
- Tout cela aboutit à la
« fin de l’histoire », la « fin de la géographie
», la « fin des territoires » (cf « Global Financial
Integration : the end of geography » de Richard O’Brien (Chatham
House, London, 1992) ou « The E-Corporation : The End Og Geography
» de Gary Hamel et Jeff Sampler in Fortune Magazine du 7 décembre
1998. Ou encore Bertrand Badie : la fin des territoires chez Fayard en
1995
• Une géographie dans son
siècle : quel caractère opératoire pour la discipline
?
• Idée à la mode
: terminologie mise à toute les sauces. Frénésie médiatique
menace le concept d’obsolescence car totalement polymorphe.
• Approche de la mondialisation
très globalisante dans les années 1980/1990 : nouveau messianisme
de la « fin de l’histoire », de la fin de la « géographie
», de la « fin des
territoires », de la «
fin des Etats », de la « fin des frontières… Cf Kenichi
Ohmae sur les « Etats-régions par ex. en 1996
• Cette mise en perspective d’une
mondialisation globalisante, universelle, automatique et mécanique
est brutalement remise en cause au début des années 2000
par les attentats du 1 sept 2001 et le dev. Mouvement alter-mondialiste.
• De nouveaux débats sont
apparus (mode uni ou multipolaire, mode de gestion, rôle de l’ONU,
quelles régulations inter-étatiques…).
• Nouvelles demandes adressées
à la géographie : comprendre la complexité du monde
contemporain à travers mobilisation d’une multitude de clefs de
lectures, interactions des jeux d’acteurs, rôle des représentations
et arguments géopolitiques, réarticulation des niveaux d’emboitements
des échelles spatiales.
• Réarticulation aussi entre
espace(s) et territoire(s) et entre géohistoire et géographie.
B. Le retour de la géographie
et des territoires
- Globalisation : au délà
de l’angliscisme, le terme globalisation doit être utilisé
mais redéfini dans un cadre plus strict : la globalisation doit
s’inscrire dans l’étude et l’analyse de phénomènes
affectant le fonctionnement de l’espace terrestre dans une interaction
entre le milieu et les sociétés humaines. On peut alors définir
la globalisation comme l’études des interactions hommes/ nature
affectant la marche du globe : le réchauffement planétaire,
la gestion des ressources renouvelables et non renouvelables (eau, richesses
hallieutiques, énergies…) ou la question du développement
durable/ soutenable pose la question de la globalisation.
- Interdépendance
: Parallèlement à la mondialisation, la globalisation définie
plus haut fait que nous sommes dans un monde aujourd’hui interdépendant.
Une des principales ruptures introduite par le 3em stade de la mondialisation
est qu’il n’existe plus aujourd’hui d’espaces d’expansion géographique
pour le capitalisme. Cette finitude géographique pose à celui-ci
de redoutables problèmes d’adaptation concernant la valorisation
et la crise de suraccumulation du capital, la gestion des concurrences,
contradictions et inégalités comme en témoignent les
débats sur la question de la gouvernance mondiale et les modes de
développement à privilégier dans un système
global interdépendant où tend à émerger une
opinion publique mondiale : problèmes environnementaux et climatiques,
épuisement des ressources, développement soutenable et durable...
- International : terme qui
disparaît très / trop ? souvent des manuels et études
et qui doit être réhabilité. Il définit les
relations et interactions entre Etats au sens traditionnel de relations
internationales (logiques de puissance, de domination, conflits, construction
de nouvelles régulations…).
- Universel : Mais
loin d’être ubiquiste, le processus de mondialisation forge un système
mondialisé duel, polarisé et hiérarchisé. Au
plan géographique, ce système n’est en rien mondial, c’est-à-dire
universel, tant sont exclus nombres d’Etats et de peuples de la définition
de son architecture et de ses finalités et du partage de ses richesses.
Je propose donc d’utiliser en les opposant les concepts de mondialisation
/ et d’universel (cf déclaration universelle des droits de l’homme).
C. Une nécessaire clarification
méthodologique des terminologies :
4 grandes
définitions de la mondialisation par les géographes
• Dans les années 1980, le
géographe Olivier Dollfus (1931/2005) – auteur de la GU – définit
la mondialisation come l’ensemble des processus aboutissant à la
construction d’un nouvel objet géographique, « le système-Monde
», terme inventé en 1984 mais diffusé entre 1994 et
1997.
• Dans les années 2000, le
géographe Jacques Levy définit la mondialisation comme «
l’émergence du Monde comme espace , processus par lequel l’étendue
planétaire devient un espace ». Il identifie 6 périodes
historiques dans la mondialisation et insiste sur un enjeu général
: l’émergence d’une société complète de niveau
mondial, d’une société-Monde.
• Dans son dictionnaire de 2003
(Lacoste, 2003) Yves Lacoste définie la mondialisation « comme
l’ensemble des processus relationnels qui se développent au plan
mondial par l’expansion du système capitaliste depuis les dernières
décennies du XXeme siècle ». On remarquera que
son approche géopolitique, contrairement à celle d’Olivier
Dollfus, n’hésite pas à qualifier le processus de mondialisation
d’expansion d’un système socio-économique dominant, le capitalisme,
rejoignant ainsi les débat déjà posés au sein
de GEMDEV entre Olivier Dollfus et Michel Beaud.
• Si Yves Lacoste réinscrit
cette mondialisation dans l’évolution des rapports de force internationaux,
il se demande si « la mondialisation est aussi une façon occidentale
de se représenter le monde ».
D. La mondialisation : un système
géoéconomique, géopolitique et géostratégique
- Postulat : la mondialisation,
c’est d’abord du territoire : non seulement il n’y a aucune réduction
des différenciations et singularités du monde, mais la logique
même de la mondialisation est d’être à la fois une valorisation
différenciée des singularités du monde et elle même
productrice de nouvelles singularités.
- A la suite de Fernand Braudel
et autres auteurs, la mondialisation : un processus géohistorique
multiséculaire d’extension progressive de l’économie libérale
marchande et capitalisme à l’ensemble de l’espace planétaire.
- On peut en identifier trois grands
stades géohistoriques : les Grandes découvertes de la Renaisance
et du capitalisme marchand, la colonisation des ¾ de la planète
issue de la Révolution industrielle et de la transition démographique
du XIX eme siècle qui s’achève en 1950/1960, la mondialisation
libérale, financière et dérégulée qui
commence dans les années 1960 et qui fait passer d’un système
international à un système mondial de plus en plus intégré.
On passe d’économies-monde à une économie monde quasi
complète depuis la chute de l’URSS et du bloc soviétique
en 1989/1991.
- La mondialisation oblige à
s’interroger sur la nature de l’ordre mondial dans la mesure où
elle repose sur un système géopolitique et géostratégique
spécifique à travers des structures très hiérarchisées
entre un centre hégémonique dominant qui fonctionne comme
un centre d’impulsion et de commandement, des périphéries
intégrées et des périphéries délaissées.
- C’est un système instable
et conflictuel pour l’hégémonie alternant phases de stabilités,
de tensions et d’affrontements (cf deux Guerres mondiales et Guerre froide)
et dont la régulation est l’objet de grands débats.
- Le nouvel ordre mondial
: un espace mondialisé :
1 - Réfléchir au
concept de puissance : quid de la puissance aujourd'hui ? Aux systèmes
impériaux francais, anglais ou russe répond un système
US réticulaire souple. A la puissance démographique ou territoriale
répond l'innovation, la maîtrise de la connaissance, la circulation,
le contrôle des médias… Rôle de l'informationnel.
2 - Processus historique de
la montée en puissance américaine et de son hégémonie
?
Le nouvel ordre mondial doit-il,
peut -il être américain ?
Atouts et handicaps, facteurs de
résistance …
Pb unilatéralisme/ multilatéralisme
par ex. Pb rejet de l'hyperpuissance ?
• 3 - Mode d'articulation entre
grandes, moyennes et petites puissances : monde unipolaire ou multipolaire.
Dans l'avenir immédiat : montée de la Chine enjeu central
des 50 prochaines années, statut / pb construction européenne,
statut Japon et Russie, Puissances régionales du sud.
• 4 : Le Nouvel Ordre américain
peut- il construire un seul espace mondialisé ?
-5 - Il n’y a aucune fatalité
à la marginalité : chaque Etat dispose de marges de manœuvre
et d’autonomie mais pose la question du projet national et étatique
(cf Japon Meiji ou éclatement actuel des Suds).
E - La mondialisation : un dispositif
systémique duel, polarisé et hiérarchisé
- L’intégration à
la mondialisation est un processus producteur de profondes inégalités
à partir d’une double logique d’intégration/fragmentation
et de marginalisation/exclusion. L’inégalité et le dualisme
sont consubstanciels au mode de développement et à la valorisation
différenciée des territoires
- La Triade rassemble les Etats
dominants (Etats-Unis, Canada, Europe occidentale, Japon) qui contrôlent
l'essentiel du pouvoir politique et économique du monde, possèdent
les capitaux et maîtrisent les technologies et l'information. 20
% de la population dispose de 80 % du PNB, 70 % de l’industrie, 85 % de
la Recherche développement, 80 % des services de transports et du
stock d’IDE.
- Les périphéries
intégrées fournissent soit des :
soit des matières premières
agricoles, minières et énergétiques,
soit une main d'œuvre à
bon marché pour des productions industrielles (textile, électronique
grand public…) réexportées dans le cadre d'une division internationale
du travail.
- Seuls les Dragons et certains
pays émergents d'Asie ont pu acquérir une certaine autonomie
grâce à des
stratégies étatiques
de développement volontaristes.
- Le Brésil, l'Inde, la
Chine, l'Afrique du Sud et la Russie sont les seules puissances régionales
suffisamment fortes pour rechercher un développement plus autocentré.
- Etats intégrés
autonomes (Dragons asiatiques, Chine),
- Etats déconnectés
(Russie, Inde) en voie de reconnexion
- Les marges évitées
rassemblent soit les pays n'ayant rien à offrir aux pays développés,
soit les Etats mis au ban des nations pour des raisons politiques (Irak,
Libye, Cuba, Iran, Birmanie…), soit des pays ravagés par l'instabilité
politique et les guerres civiles. La grande nouveauté stratégique
est constituée par les attentas du 11 septembre 2001 : ces marges
peuvent devenir si dangereuses par leur total abandon que leur instabilité
constitue une menace nouvelle (Afghanistan, Asie centrale, écharpe
septentrionale de l’Afrique sub-saharienne…). On assiste à un processus
de réinvestissement stratégique.
- La mondialisation doit être
analysée dans ces composantes et ses dynamiques à travers
un emboitement systématique des échelles géographiques.
II. Pour
une approche géo-historique et géopolitique de la mondialisation
A. La 1ere mondialisation : La
mise en connexion et la domination du monde par l’Occident
Planche
contact 1.1
ou
en version
html (images 8 à 73)
L’humanisation du monde 8
Les Routes de la Soie et du Thé
: de premières connexions partielles 9
L’aimant asiatique : comment y
accéder ? 10
Y aurait-il pu avoir une autre
mondialisation ? 11 (la Chine)
1492 : vers la mise en UN monde
(image 12, 13, 14)
1494 : Tordesillas, un nouveau
partage du monde
1550 : Controverse de Valladolid
Le Nunavut : la reconnaissance territoriale
de nouveaux droits politiques et institutionnels 16
Le réveil de la question
indienne en Amérique latine 17 et 18
B. La seconde mondialisation
: le temps des nouveaux Empires
cartes 19 à 23 -
Planche
contact 1.2 24 à 28
- Rôle fondamental des
deux Révolutions industrielles :
la question du développement
toujours aussi centrale aujourd’hui
- La révolution scientifique
et technique : un levier essentiel
- La question énergétique
: les cycles du charbon et du pétrole
- La révolution sanitaire
: les Européens à la conquête du monde et l’ouverture
du centre du continent africain
- Aires linguistiques, culturelles
et religieuses
- Tracé des frontières,
fabrication des Etats dans les Nouveaux Mondes
- Les Trois Suds : une résistance
asiatique spécifique, un très ancien Monde, les Amériques
les Nouveaux Mondes, l’Afrique, la petite dernière victime du Grand
Partage
- L’Impérialisme et la marche
à la guerre : les nouveaux partages en débats
Les actifs, héritage
d’une certaine mise en valeur du monde :
Révolution démographique,
émigrations et exportations de mondes occidentaux
Les Etats-Unis, un Empire maritime
Pacifique ?
Les nouveaux partages du monde
: le partage de l’Empire ottoman
Les confettis impériaux
caraïbes entre crise,
Pavillons de complaisance, paradis
fiscaux et drogue
Ces Empires qui n’en finissent
pas :
Quid de l’achèvement de
la décolonisation ?
Les traceurs de frontières
(M Foucher)
Les créateurs d’Etats :
le loupé kurde des Traités de Sèvres et Trianon
La réactivation des héritages
dans des logiques de puissance :
La francophonie
Les héritages structurels
: la dépendance du Sud
C. La troisième mondialisation
Un cadre historique nouveau : l’apparition
d’un anti-modèle
• 1917 : une lueur se lève
à l’Est : la recherche d’un anti-modèle spécifique
• De la Russie à l’Urss,
un retrait autarcique
• 1938/1945 : guerre impérialiste
et guerre de civilisation
• 1945 : La Guerre froide : gel
partiel, compromis socio-économiques et affrontement
• 1989/1991 : La divine surprise
et la nouvelle mondialisation libérale
images 29 à 32
Les conflits : la carte comme masque des réalités
et complexités du monde ?
Course aux armements et arcs de
crise
- Les facteurs de la puissance
en mutation du quantitatif ou qualitatif
- L’articulation entre géoéconomie
et géopolitique
- Un Empire sans Empire ?
- La Guerre en Irak : un retournement
?
- Les nouveaux Croisés désuniversalisent
des valeurs pourtant largement acquises
- Le choc des civilisations : une
nouvelle représentation géopolitique catastrophique
La crise de l’Impérium américain
ou l’impuissance de la puissance
Les Américains expatriés
dans le monde : un monde aux ¾ vide 33
« Le mode de vie américain
n’est pas négociable » GW Bush (2006) pétrole 34
Une clé d’analyse géopolitique
et géoéconomique : les réserves de pétrole
35
Les Etats-Unis : plus de 50 % dépenses
militaires mondiales
Le Big Stick, une efficacité
relative pour un conflit mineur 36 et 38
Planche
contact 1.3
Le renouveau de l’Alliance militaire
: l’élargissement de l’OTAN, de l’Europe à l’Afghanistan
41
La Méditerranée,
un lac américain ? 42
De la Guerre froide au nouveau
paradigme du « Grand Moyen Orient » 43
Un monde à la recherche de nouveaux
équilibres
- La nouvelle gestion des tensions
et conflits internationaux : la multiplication des instances internationales,
du renouveau potentiel du système onusien aux ambiguités
de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale
- Un
monde uni ou multipolaire : les résistances française, allemande,
russe et chinoise aux prétentions américaines 45
- L’affirmation de puissances régionales
émergentes dans les grands pays du Sud
- La création d’un droit
international avec la constitution de la Cour Pénale Internationale
refusée par les EU 44
- De nouveaux acteurs internationaux,
les ONG : vers l’émergence progressive d’une opinion publique mondiale
?
L’OMC, vecteur de la mondialisation
libérale ou régulation des tensions commerciales ? 45
Vers un monde multipolaire
Les tentatives d’organisation des
puissances régionales : un nouveau Sud ou un nouveau Tiers Monde
? 46
Quid de la montée en puissance
de la Chine ? 47
Le système géostratégique
chinois : entre modernité et traditions, quelles représentations
géopolitiques ? 48
Un monde de plus en plus inégal
: une triple instabilité démographique, géostratégique
et géoéconomique
Qui profite de la mondialisation
? 49
Le profond hiatus entre ressources
économiques et démographie Lignes de contact, lignes de fractures
Niveau de vie, société
de consommation et développement … durable ? 50 à 55
III. Mondialisation,
globalisation
A. Le piège des mots
• 1968 : Marshall McLuhan (1911/
1980) publie War and Peace in the Global Village, qui est traduit en français
et publié deux ans plus tard en France sous le titre de Guerre et
paix dans le village planétaire.
• 1983 : l’économiste américain
Théodore
Lewitt publie dans la Harvard Business Review un article intitulé
The Globalization of Markets. C’est l’universalisation rêvée,
sinon fantasmée, d’un modèle de consommation et de production
nordaméricain.
• 1985 : l’économiste Kenichi
Ohmae publie Triad Power, the Coming Shape of Global Competition, traduit
en français par le titre La Triade, émergence d’une stratégie
mondiale de la puissance. Puis The Bordless World, Power and Strategy in
the Interlinked Economy, ou l’entreprise sans frontière en 1990,
la fin de l’Etat-nation, l’Economie globale… De l’Etat-nation aux Etats-régions
publié en France par Dunod en 1996
• Le terme de globalisation est
la traduction directe et immédiate en français du mot anglais
globalization. Comme le souligne le Harrap’s, en anglais l’adjectif global
peut se traduire soit par mondial, soit par planétaire –
ce qui pour un français ne ressort pas du même champ sémantique
- et la traduction directe de globalization est le terme français
de mondialisation, ce dernier n’étant pas reconnu en retour en anglais.
B. La nécessaire redéfinition
du terme globalisation
• Le terme de global renvoie au
globe, c’est à dire à notre planète et à son
fonctionnement au sein du système solaire fonctionnant comme un
tout en interactions permanentes et complexes. On peut donc sans problème
particulier réinvestir en le redéfinissant le mot globalisation
en le réarticulant avec les termes de global et de
changement global (cf global change
en anglais).
• Dans le dernier numéro
d’Historiens et Géographes, on peut redéfinir
la globalisation comme « l’étude et l’analyse de phénomènes
affectant le fonctionnement de l’espace terrestre – le globe - dans une
interrelation et une interaction entre le milieu et les sociétés
humaines ».
• la profonde refondation effectuée
dans les années 1990 sur les thématiques géoenvironnementales
et les risques s’avère d’autant plus fructueuse qu’elle permet aujourd’hui
de réacticuler d’une manière opératoire mondialisation
et globalisation en réflechissant au mode de développement
adopté, très prédateur globalement.
• Pour JP. Vigneau et Y. Veyret,
le global revêt plusieurs acceptions selon l’objet, les outils et
les démarches choisies, le global-planétaire renvoyant aux
débats sur les hiérarchies des échelles spatiales,
le global-systémique renvoyant aux questions méthodologiques.
Mais « il convient de rappeler que la globalité des modèles
est une globalité reconstituée, qu’elle néglige ou
subordonne certaines entrées du système, qu’elle préjuge
souvent le sens des multiples rétroactions… ».
Nous sommes en fait face à
une véritable boîte noire scientifique.
La globalisation : une approche
scientifique encore dans les limbes :
• Premièrement, la prise
en compte de la complexité des interactions et la multitude des
facteurs à intégrer s’avèrent des plus difficiles,
ce qui explique que la définition d’un global systémique
scientifiquement solide et opérationnel soit une reconstruction
fragile qui demande une grande prudence méthodologique et scientifique
- dans l’état actuel des connaissances scientifiques disponibles
- dont ne s’embarrassent souvent ni les médias, ni les responsables
politiques.
• Deuxièmement, la nécessaire
hiérarchie des études spatiales et l’articulation des échelles
– en particulier dans la prise en compte des réponses régionales
à apporter aux défis posés – s’avèrent tout
aussi complexes face à la généralisation outrancière
dont sont l’objet des processus comme la déforestation, la désertification
ou l’érosion des sols.
• Troisièmement, et c’est
là un des apports considérable de Paul Arnould, l’analyse,
la présentation et la discussion de ces nouveaux enjeux de la globalisation
s’opèrent dans le cadre de représentation géopolitique
mobilisant un mode catastrophiste qui occulte les véritables enjeux
(« Biogéographie et changement global : la valse des biomes
», Historiens et Géographes, n° 395, p. 91 et 92), en
particulier par rapport aux principales articulations entre globalisation
et mondialisation (types et natures des mise en valeur, épuisement
possible et modes de gestion des ressources renouvelables et non renouvelables
comme l’eau, les richesses halieutiques, les énergies, l’épuisement
des fronts pionniers et de la valorisation des terres vierges …).
• Quatrièmement, dans ce
cadre, on doit souligner l’importance accordée par tous ces géographes
aux articulation entre temps et espaces, et aux territoires, pouvant être
entendu comme l’occupation, l’appropriation et la valorisation d’une portion
d’espace particulière par un Etat, une société, un
groupe humain dans des rapports géopolitiques, géoéconomiques
et culturels/ religieux complexes à l’espace considéré.
• Cinquièmement, bien insister
sur une grande question de géopolitique : « l’ingérence
écologique » dans les rapports Nord/Sud
Quelles articulations aux bassins
hydrographiques et aux espaces régionaux ? 59 à 64
La Côte d’Ivoire :
la crise d’un modèle rentier, le cacao (65 66, 67)
L’Indonésie : la
crise d’un Etat prédateur et des rapports centre/ périphéries
68, 70
Le pillage de l’Irian Jaya indonésienne
72
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