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Mondialisation – Globalisation :
le regard d’un géographe

Laurent Carroue (Paris VIII) ***

APHG - Régionale de Caen  - 22 novembre 2006

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[Les cartes et les graphiques utilisés peuvent être consultés dans les ouvrages 
Laurent Carroué (dir) La mondialisation CNED-SEDES 2006
Laurent Carroué, Didier Collet, Claude Ruiz La mondialisation Bréal 2006
Laurent Carroué La mondialisation Documentation photographique 8037 - 2004
Mondialisation - Globalisation,Historiens & Géographes (n° 395, jt 2006)

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bienvenue à ceux qui ont assisté à cette conférence et aux lecteurs du blog d'Hugo Billard



1ere partie : Mondialisation - globalisation

I. Les débats autour des concepts

A. Mondialisation : la fin des territoires ?

Hégémonie conceptuelle des économistes qui dépolitise et déterritorialise les réalités? Théodore Levitt, Globalization en 1983 in Harvard Busines Review in « The globalisation of Markets » : convergence vers marché unique dénué de toute différenciation (Coca Cola…)
- Global Village de Marshall Mc Luhan en 1968 (in War and Peace inthe Global Village ») en 1971 traduit en 1971 par « village planétaire ».
- Travaux de Kenichi Ohmae (consultant chez Mac Kinsey) en 1985 puis 1990 avec le concept de firme globale et de World Compagny.
- Toutes les thématiques de l’abolition et de l’espace
- Tout cela aboutit à la « fin de l’histoire », la « fin de la géographie », la « fin des territoires » (cf « Global Financial Integration : the end of geography » de Richard O’Brien (Chatham House, London, 1992) ou « The E-Corporation : The End Og Geography » de Gary Hamel et Jeff Sampler in Fortune Magazine du 7 décembre 1998. Ou encore Bertrand Badie : la fin des territoires chez Fayard en 1995

• Une géographie dans son siècle : quel caractère opératoire pour la discipline ?
• Idée à la mode : terminologie mise à toute les sauces. Frénésie médiatique menace le concept d’obsolescence car totalement polymorphe. 
• Approche de la mondialisation très globalisante dans les années 1980/1990 : nouveau messianisme de la « fin de l’histoire », de la fin de la « géographie », de la « fin des
territoires », de la « fin des Etats », de la « fin des frontières… Cf Kenichi Ohmae sur les « Etats-régions par ex. en 1996 
• Cette mise en perspective d’une mondialisation globalisante, universelle, automatique et mécanique est brutalement remise en cause au début des années 2000 par les attentats du 1 sept 2001 et le dev. Mouvement alter-mondialiste.
• De nouveaux débats sont apparus (mode uni ou multipolaire, mode de gestion, rôle de l’ONU, quelles régulations inter-étatiques…).
• Nouvelles demandes adressées à la géographie : comprendre la complexité du monde contemporain à travers mobilisation d’une multitude de clefs de lectures, interactions des jeux d’acteurs, rôle des représentations et arguments géopolitiques, réarticulation des niveaux d’emboitements des échelles spatiales.
• Réarticulation aussi entre espace(s) et territoire(s) et entre géohistoire et géographie.
 

B. Le retour de la géographie et des territoires

- Globalisation : au délà de l’angliscisme, le terme globalisation doit être utilisé mais redéfini dans un cadre plus strict : la globalisation doit s’inscrire dans l’étude et l’analyse de phénomènes affectant le fonctionnement de l’espace terrestre dans une interaction entre le milieu et les sociétés humaines. On peut alors définir la globalisation comme l’études des interactions hommes/ nature affectant la marche du globe : le réchauffement planétaire, la gestion des ressources renouvelables et non renouvelables (eau, richesses hallieutiques, énergies…) ou la question du développement durable/ soutenable pose la question de la globalisation.

- Interdépendance : Parallèlement à la mondialisation, la globalisation définie plus haut fait que nous sommes dans un monde aujourd’hui interdépendant. Une des principales ruptures introduite par le 3em stade de la mondialisation est qu’il n’existe plus aujourd’hui d’espaces d’expansion géographique pour le capitalisme. Cette finitude géographique pose à celui-ci de redoutables problèmes d’adaptation concernant la valorisation et la crise de suraccumulation du capital, la gestion des concurrences, contradictions et inégalités comme en témoignent les débats sur la question de la gouvernance mondiale et les modes de développement à privilégier dans un système global interdépendant où tend à émerger une opinion publique mondiale : problèmes environnementaux et climatiques, épuisement des ressources, développement soutenable et durable...

- International : terme qui disparaît très / trop ? souvent des manuels et études et qui doit être réhabilité. Il définit les relations et interactions entre Etats au sens traditionnel de relations internationales (logiques de puissance, de domination, conflits, construction de nouvelles régulations…).

Universel : Mais loin d’être ubiquiste, le processus de mondialisation forge un système mondialisé duel, polarisé et hiérarchisé. Au plan géographique, ce système n’est en rien mondial, c’est-à-dire universel, tant sont exclus nombres d’Etats et de peuples de la définition de son architecture et de ses finalités et du partage de ses richesses. Je propose donc d’utiliser en les opposant les concepts de mondialisation / et d’universel (cf déclaration universelle des droits de l’homme).
 

C. Une nécessaire clarification méthodologique des terminologies : 
4 grandes définitions de la mondialisation par les géographes

• Dans les années 1980, le géographe Olivier Dollfus (1931/2005) – auteur de la GU – définit la mondialisation come l’ensemble des processus aboutissant à la construction d’un nouvel objet géographique, « le système-Monde », terme inventé en 1984 mais diffusé entre 1994 et 1997.

• Dans les années 2000, le géographe Jacques Levy définit la mondialisation comme « l’émergence du Monde comme espace , processus par lequel l’étendue planétaire devient un espace ». Il identifie 6 périodes historiques dans la mondialisation et insiste sur un enjeu général : l’émergence d’une société complète de niveau mondial, d’une société-Monde.

• Dans son dictionnaire de 2003 (Lacoste, 2003) Yves Lacoste définie la mondialisation « comme l’ensemble des processus relationnels qui se développent au plan mondial par l’expansion du système capitaliste depuis les dernières décennies du XXeme siècle ». On remarquera que son approche géopolitique, contrairement à celle d’Olivier Dollfus, n’hésite pas à qualifier le processus de mondialisation d’expansion d’un système socio-économique dominant, le capitalisme, rejoignant ainsi les débat déjà posés au sein de GEMDEV entre Olivier Dollfus et Michel Beaud.

• Si Yves Lacoste réinscrit cette mondialisation dans l’évolution des rapports de force internationaux, il se demande si « la mondialisation est aussi une façon occidentale de se représenter le monde ».
 

D. La mondialisation : un système géoéconomique, géopolitique et géostratégique

- Postulat : la mondialisation, c’est d’abord du territoire : non seulement il n’y a aucune réduction des différenciations et singularités du monde, mais la logique même de la mondialisation est d’être à la fois une valorisation différenciée des singularités du monde et elle même productrice de nouvelles singularités.

- A la suite de Fernand Braudel et autres auteurs, la mondialisation : un processus géohistorique multiséculaire d’extension progressive de l’économie libérale marchande et capitalisme à l’ensemble de l’espace planétaire.

- On peut en identifier trois grands stades géohistoriques : les Grandes découvertes de la Renaisance et du capitalisme marchand, la colonisation des ¾ de la planète issue de la Révolution industrielle et de la transition démographique du XIX eme siècle qui s’achève en 1950/1960, la mondialisation libérale, financière et dérégulée qui commence dans les années 1960 et qui fait passer d’un système international à un système mondial de plus en plus intégré. On passe d’économies-monde à une économie monde quasi complète depuis la chute de l’URSS et du bloc soviétique en 1989/1991.

- La mondialisation oblige à s’interroger sur la nature de l’ordre mondial dans la mesure où elle repose sur un système géopolitique et géostratégique spécifique à travers des structures très hiérarchisées entre un centre hégémonique dominant qui fonctionne comme un centre d’impulsion et de commandement, des périphéries intégrées et des périphéries délaissées.

- C’est un système instable et conflictuel pour l’hégémonie alternant phases de stabilités, de tensions et d’affrontements (cf deux Guerres mondiales et Guerre froide) et dont la régulation est l’objet de grands débats.
 

- Le nouvel ordre mondial : un espace mondialisé :

1 - Réfléchir au concept de puissance : quid de la puissance aujourd'hui ? Aux systèmes impériaux francais, anglais ou russe répond un système US réticulaire souple. A la puissance démographique ou territoriale répond l'innovation, la maîtrise de la connaissance, la circulation, le contrôle des médias… Rôle de l'informationnel.

2 -  Processus historique de la montée en puissance américaine et de son hégémonie ? 
Le nouvel ordre mondial doit-il, peut -il être américain ? 
Atouts et handicaps, facteurs de résistance … 
Pb unilatéralisme/ multilatéralisme par ex. Pb rejet de l'hyperpuissance ?

• 3 - Mode d'articulation entre grandes, moyennes et petites puissances : monde unipolaire ou multipolaire. Dans l'avenir immédiat : montée de la Chine enjeu central des 50 prochaines années, statut / pb construction européenne, statut Japon et Russie, Puissances régionales du sud.

• 4 : Le Nouvel Ordre américain peut- il construire un seul espace mondialisé ?

-5 - Il n’y a aucune fatalité à la marginalité : chaque Etat dispose de marges de manœuvre et d’autonomie mais pose la question du projet national et étatique (cf Japon Meiji ou éclatement actuel des Suds).
 

E - La mondialisation : un dispositif systémique duel, polarisé et hiérarchisé

- L’intégration à la mondialisation est un processus producteur de profondes inégalités à partir d’une double logique d’intégration/fragmentation et de marginalisation/exclusion. L’inégalité et le dualisme sont consubstanciels au mode de développement et à la valorisation différenciée des territoires

- La Triade rassemble les Etats dominants (Etats-Unis, Canada, Europe occidentale, Japon) qui contrôlent l'essentiel du pouvoir politique et économique du monde, possèdent les capitaux et maîtrisent les technologies et l'information. 20 % de la population dispose de 80 % du PNB, 70 % de l’industrie, 85 % de la Recherche développement, 80 % des services de transports et du stock d’IDE.

- Les périphéries intégrées fournissent soit des :
soit des matières premières agricoles, minières et énergétiques, 
soit une main d'œuvre à bon marché pour des productions industrielles (textile, électronique grand public…) réexportées dans le cadre d'une division internationale du travail.

- Seuls les Dragons et certains pays émergents d'Asie ont pu acquérir une certaine autonomie grâce à des
stratégies étatiques de développement volontaristes.
- Le Brésil, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud et la Russie sont les seules puissances régionales suffisamment fortes pour rechercher un développement plus autocentré.
- Etats intégrés autonomes (Dragons asiatiques, Chine),
- Etats déconnectés (Russie, Inde) en voie de reconnexion

- Les marges évitées rassemblent soit les pays n'ayant rien à offrir aux pays développés, soit les Etats mis au ban des nations pour des raisons politiques (Irak, Libye, Cuba, Iran, Birmanie…), soit des pays ravagés par l'instabilité politique et les guerres civiles. La grande nouveauté stratégique est constituée par les attentas du 11 septembre 2001 : ces marges peuvent devenir si dangereuses par leur total abandon que leur instabilité constitue une menace nouvelle (Afghanistan, Asie centrale, écharpe septentrionale de l’Afrique sub-saharienne…). On assiste à un processus de réinvestissement stratégique.

- La mondialisation doit être analysée dans ces composantes et ses dynamiques à travers un emboitement systématique des échelles géographiques.


II. Pour une approche géo-historique et géopolitique de la mondialisation 

A. La 1ere mondialisation : La mise en connexion et la domination du monde par l’Occident

Planche contact 1.1
ou
en version  html (images 8 à 73)

L’humanisation du monde 8
Les Routes de la Soie et du Thé : de premières connexions partielles 9
L’aimant asiatique : comment y accéder ? 10
Y aurait-il pu avoir une autre mondialisation ? 11 (la Chine) 

1492 : vers la mise en UN monde  (image 12, 13, 14)
1494 : Tordesillas, un nouveau partage du monde
1550 : Controverse de Valladolid

Le Nunavut : la reconnaissance territoriale de nouveaux droits politiques et institutionnels 16
Le réveil de la question indienne en Amérique latine 17 et 18


B. La seconde mondialisation : le temps des nouveaux Empires
cartes 19 à 23   -    Planche contact 1.2   24 à 28

- Rôle fondamental des deux Révolutions industrielles :
 la question du développement toujours aussi centrale aujourd’hui

- La révolution scientifique et technique : un levier essentiel
- La question énergétique : les cycles du charbon et du pétrole
- La révolution sanitaire : les Européens à la conquête du monde et l’ouverture du centre du continent africain
- Aires linguistiques, culturelles et religieuses
- Tracé des frontières, fabrication des Etats dans les Nouveaux Mondes
- Les Trois Suds : une résistance asiatique spécifique, un très ancien Monde, les Amériques les Nouveaux Mondes, l’Afrique, la petite dernière victime du Grand Partage
- L’Impérialisme et la marche à la guerre : les nouveaux partages en débats

Les actifs,  héritage d’une certaine mise en valeur du monde :
Révolution démographique, émigrations et exportations de mondes occidentaux
Les Etats-Unis, un Empire maritime Pacifique ?
Les nouveaux partages du monde : le partage de l’Empire ottoman
Les confettis impériaux caraïbes entre crise, 
Pavillons de complaisance, paradis fiscaux et drogue
Ces Empires qui n’en finissent pas :
Quid de l’achèvement de la décolonisation ?
Les traceurs de frontières (M Foucher)
Les créateurs d’Etats : le loupé kurde des Traités de Sèvres et Trianon
La réactivation des héritages dans des logiques de puissance :
La francophonie
Les héritages structurels : la dépendance du Sud


C. La troisième mondialisation

Un cadre historique nouveau : l’apparition d’un anti-modèle
• 1917 : une lueur se lève à l’Est : la recherche d’un anti-modèle spécifique
• De la Russie à l’Urss, un retrait autarcique
• 1938/1945 : guerre impérialiste et guerre de civilisation
• 1945 : La Guerre froide : gel partiel, compromis socio-économiques et affrontement
• 1989/1991 : La divine surprise et la nouvelle mondialisation libérale
images 29 à 32

Les conflits : la carte comme masque des réalités et complexités du monde ?
Course aux armements et arcs de crise
- Les facteurs de la puissance en mutation du quantitatif ou qualitatif
- L’articulation entre géoéconomie et géopolitique
- Un Empire sans Empire ?
- La Guerre en Irak : un retournement ?
- Les nouveaux Croisés désuniversalisent des valeurs pourtant largement acquises
- Le choc des civilisations : une nouvelle représentation géopolitique catastrophique
 

La crise de l’Impérium américain ou l’impuissance de la puissance
Les Américains expatriés dans le monde : un monde aux ¾ vide  33
« Le mode de vie américain n’est pas négociable » GW Bush (2006) pétrole 34
Une clé d’analyse géopolitique et géoéconomique : les réserves de pétrole 35
Les Etats-Unis : plus de 50 % dépenses militaires mondiales
Le Big Stick, une efficacité relative pour un conflit mineur 36 et 38

Planche contact 1.3
Le renouveau de l’Alliance militaire : l’élargissement de l’OTAN, de l’Europe à l’Afghanistan 41
La Méditerranée, un lac américain ? 42
De la Guerre froide au nouveau paradigme du « Grand Moyen Orient » 43 
 

Un monde à la recherche de nouveaux équilibres

- La nouvelle gestion des tensions et conflits internationaux : la multiplication des instances internationales, du renouveau potentiel du système onusien aux ambiguités de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale

- Un monde uni ou multipolaire : les résistances française, allemande, russe et chinoise aux prétentions américaines 45

- L’affirmation de puissances régionales émergentes dans les grands pays du Sud 

- La création d’un droit international avec la constitution de la Cour Pénale Internationale refusée par les EU 44

- De nouveaux acteurs internationaux, les ONG : vers l’émergence progressive d’une opinion publique mondiale ?

L’OMC, vecteur de la mondialisation libérale ou régulation des tensions commerciales ? 45

Vers un monde multipolaire
Les tentatives d’organisation des puissances régionales : un nouveau Sud ou un nouveau Tiers Monde ? 46
Quid de la montée en puissance de la Chine ? 47 
Le système géostratégique chinois : entre modernité et traditions, quelles représentations géopolitiques ? 48 
Un monde de plus en plus inégal : une triple instabilité démographique, géostratégique et géoéconomique
Qui profite de la mondialisation ? 49
Le profond hiatus entre ressources économiques et démographie Lignes de contact, lignes de fractures
Niveau de vie, société de consommation et développement … durable ? 50 à 55


III. Mondialisation, globalisation

A. Le piège des mots

• 1968 : Marshall McLuhan (1911/ 1980) publie War and Peace in the Global Village, qui est traduit en français et publié deux ans plus tard en France sous le titre de Guerre et paix dans le village planétaire.

• 1983 : l’économiste américain Théodore Lewitt publie dans la Harvard Business Review un article intitulé The Globalization of Markets. C’est l’universalisation rêvée, sinon fantasmée, d’un modèle de consommation et de production nordaméricain. 

• 1985 : l’économiste Kenichi Ohmae publie Triad Power, the Coming Shape of Global Competition, traduit en français par le titre La Triade, émergence d’une stratégie mondiale de la puissance. Puis The Bordless World, Power and Strategy in the Interlinked Economy, ou l’entreprise sans frontière en 1990, la fin de l’Etat-nation, l’Economie globale… De l’Etat-nation aux Etats-régions publié en France par Dunod en 1996

• Le terme de globalisation est la traduction directe et immédiate en français du mot anglais globalization. Comme le souligne le Harrap’s, en anglais l’adjectif global peut se traduire soit par mondial, soit par planétaire – ce qui pour un français ne ressort pas du même champ sémantique - et la traduction directe de globalization est le terme français de mondialisation, ce dernier n’étant pas reconnu en retour en anglais.
 

B. La nécessaire redéfinition du terme globalisation

• Le terme de global renvoie au globe, c’est à dire à notre planète et à son fonctionnement au sein du système solaire fonctionnant comme un tout en interactions permanentes et complexes. On peut donc sans problème particulier réinvestir en le redéfinissant le mot globalisation en le réarticulant avec les termes de global et de
changement global (cf global change en anglais).

• Dans le dernier numéro d’Historiens et Géographes, on peut redéfinir la globalisation comme « l’étude et l’analyse de phénomènes affectant le fonctionnement de l’espace terrestre – le globe - dans une interrelation et une interaction entre le milieu et les sociétés humaines ».

• la profonde refondation effectuée dans les années 1990 sur les thématiques géoenvironnementales et les risques s’avère d’autant plus fructueuse qu’elle permet aujourd’hui de réacticuler d’une manière opératoire mondialisation et globalisation en réflechissant au mode de développement adopté, très prédateur globalement.

• Pour JP. Vigneau et Y. Veyret, le global revêt plusieurs acceptions selon l’objet, les outils et les démarches choisies, le global-planétaire renvoyant aux débats sur les hiérarchies des échelles spatiales, le global-systémique renvoyant aux questions méthodologiques. Mais « il convient de rappeler que la globalité des modèles est une globalité reconstituée, qu’elle néglige ou subordonne certaines entrées du système, qu’elle préjuge souvent le sens des multiples rétroactions… ».

Nous sommes en fait face à une véritable boîte noire scientifique.

La globalisation : une approche scientifique encore dans les limbes :
• Premièrement, la prise en compte de la complexité des interactions et la multitude des facteurs à intégrer s’avèrent des plus difficiles, ce qui explique que la définition d’un global systémique scientifiquement solide et opérationnel soit une reconstruction fragile qui demande une grande prudence méthodologique et scientifique - dans l’état actuel des connaissances scientifiques disponibles - dont ne s’embarrassent souvent ni les médias, ni les responsables politiques.

• Deuxièmement, la nécessaire hiérarchie des études spatiales et l’articulation des échelles – en particulier dans la prise en compte des réponses régionales à apporter aux défis posés – s’avèrent tout aussi complexes face à la généralisation outrancière dont sont l’objet des processus comme la déforestation, la désertification ou l’érosion des sols.

• Troisièmement, et c’est là un des apports considérable de Paul Arnould, l’analyse, la présentation et la discussion de ces nouveaux enjeux de la globalisation s’opèrent dans le cadre de représentation géopolitique mobilisant un mode catastrophiste qui occulte les véritables enjeux (« Biogéographie et changement global : la valse des biomes », Historiens et Géographes, n° 395, p. 91 et 92), en particulier par rapport aux principales articulations entre globalisation et mondialisation (types et natures des mise en valeur, épuisement possible et modes de gestion des ressources renouvelables et non renouvelables comme l’eau, les richesses halieutiques, les énergies, l’épuisement des fronts pionniers et de la valorisation des terres vierges …).

• Quatrièmement, dans ce cadre, on doit souligner l’importance accordée par tous ces géographes aux articulation entre temps et espaces, et aux territoires, pouvant être entendu comme l’occupation, l’appropriation et la valorisation d’une portion d’espace particulière par un Etat, une société, un groupe humain dans des rapports géopolitiques, géoéconomiques et culturels/ religieux complexes à l’espace considéré.

• Cinquièmement, bien insister sur une grande question de géopolitique : « l’ingérence écologique » dans les rapports Nord/Sud

Quelles articulations aux bassins hydrographiques et aux espaces régionaux ? 59 à 64

La Côte d’Ivoire : la crise d’un modèle rentier, le cacao (65 66, 67)
L’Indonésie : la crise d’un Etat prédateur et des rapports centre/ périphéries  68, 70
Le pillage de l’Irian Jaya indonésienne 72
 

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2eme partie  : Echelles mondiales et emboitements d’échelles

A. La question centrale des emboîtements d’échelles

Trois outils méthodologiques
Planche contact 2.1    3, 4, 5 
ou 
en page html  (images 2 à 95)

- 1. Les ordres de grandeurs des ensembles spatiaux : pour raisonner en géographie ou en géopolitique, il faut classer un territoire en déclinant les différents niveaux d’analyse spatiale auxquels il appartient. Un même espace (Etat, zone de peuplement, portion de territoire…) peut se rattacher simultanément à un dispositif continental (1er ordre de grandeur de milliers de km), à un dispositif subcontinental ou étatique (pour les grands Etats), à un dispositif régional ou provincial (3m et 4em ordre de grandeur) ou local (5eme ordre de grandeur). 

- 2. Ces ensembles spatiaux sont de multiple qualité mais participent de son identité et de sa fonctionnalité. Ce peut être des espaces naturels (zone bioclimatique, maritime, reliefs, couvert végétal, répartition d’un peuplement), des espaces culturels (linguistiques, historiques, religieux), des espaces politiques ou administratifs (Etat, région, province…) ou économiques (zone monétaire, de libre échange…). Ce peut être aussi des entités beaucoup plus abstraites (pays dev ou PVD, monde occidental, monde arabo-musulman, Commonwealth, Francophonie, monde slave ou ibérique…).

- 3. Un territoire se rattache donc à différents ensembles spatiaux de tailles différentes et ceux-ci ne coïncident pas ou rarement : d’où la source de tension ou de conflits potentiels, latents ou avérés. Il peut se trouver aussi sur des lignes de contact, des frontières froides ou chaudes. Cf définition de l’Union européenne, du rapport entre monde arabe et musulman, de la Belgique appartenant à deux espaces linguistiques et religieux…
Deux grands systèmes de représentation : pavages et réseaux deux systèmes d’analyse pour un
même territoire 
 

B. Mondialisation, métropolisation  et Archipel Mégalopolitain Mondial (AMM)
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Les ravages de l’AMM : apesanteur et dé-térritorialisation 7
• L’expression de ville mondiale ou world city est utilisé dès 1924 par l’urbaniste britannique P. Geddes puis remobilisé en 1966 par Peter Hall.

• A l’inverse, le concept de ville mondiale utilisé et développé par la sociologue Saskia Sassen en 1991 dans son ouvrage The global city. New York, London, Tokyo va connaître un très grand succès médiatique (Sassen, 1991).

• De même, en 1996, le géographe Olivier Dollfus va lancer le concept, le sigle et l’expression d’Archipel Mégalopolitain Mondial qui est sensé caractériser l’ensemble des villes qui contribue à la direction du monde.

• Dans son article sur l’AMM publié dans le dictionnaire dirigé par J. Levy, Denis Retaillé (Retaillé, 2006) cite Olivier Dollfus (« Les mégalopoles dont d’excellentes liaisons avec les autres « îles » de l’archipel mégalopolitain mondial… » ; « ces îles de l’AMM » sont pour l’instant une demi-douzaine ») puis présente une analyse du concept. Il écrit : « les mégalopoles ne sont plus des éléments isolés mais deviennent des îles, à la fois
fortement reliées entre elles et dé-territorialisées du point de vue de l’espace qui les entoure. Les interactions à très longs rayons d’action entre les mégalopoles sont plus importantes que les effets d’entrainement sur les territoires proches».

• Dans la même école de pensée géographique, R. Dagorn va même jusqu’à écrire dans l’ouvrage intitulé Les très grandes villes paru chez Atalante (2001, p. 28) à propos des travaux de Saskia Sassen sur la « ville globale » : « …au sommet de la hiérarchie, trois de ces villes (New York, Londres, Tokyo) ont des fonctionnements tellement nouveaux qu’elles changent de nature. Le niveau de deterritorialisation est tel que ces villes fonctionnent en quasi-apesanteur… ».

Pour une critique de l’AMM : revenir aux territoires réels et aux emboîtements d’échelles

• La dérive intellectuelle mécaniquement induite par la recherche systématique d’un langage métaphorique de type archipélagique pour qualifier les réalités géographiques.

• En plein débat sur la mondialisation, présenter les grandes métropoles mondiales comme « déterritorialisées » et tournant le dos à leurs espaces d’insertion au profit de logiques et dynamiques réticulaires mondiales nous semble être un total contresens scientifique.

• Cette démarche survalorise très nettement une échelle mondiale totalement abstraite, elle fait fi à la fois du poids des dynamiques géohistoriques multiséculaires de construction économique, sociale et politique de ces mégalopoles ou mégapoles et des dialectiques d’insertion de celles-ci à toutes les échelles : agglomération, régions urbaines, nationales et continentale.

• Dans ce cadre, le concept de city-regions proposé dans cet ouvrage par Guy Baudelle nous semble une réponse bienvenue aux objections présentées en réacticulant espace métropolitain et territoires régionaux, nationaux et continentaux.

Rappeler que la géographie est l’étude des interactions spatiales qui permet d’étudier et d’expliquer la construction et les dynamiques des villes, régions, réseaux et territoires (Pumain, 2001). 7 et 8
Les pouvoirs de commandement économiques à l’échelle continentale cartes 9

• Que seraient en effet New York sans le drainage et l’organisation du marché des Etats-Unis et de la côte Est, Londres sans le Grand bassin londonien et le Royaume Uni, Paris sans le Bassin parisien et l’espace hexagonal. Toute la géographie régionale de la France contemporaine serait-elle à jeter aux orties ?

L’exemple new yorkais : la nécessaire prise en compte de toutes les échelles territoriales. 11à 14
La façade atlantique : la nécessaire prise en compte des échelles continentales 10
La Mégalopolis : une structure polycentrique 
La ville de New York, cœur décisionnel régional, sub-continental, national et mondial
New York, ville mondiale : le centre décisionnel de l’agglomération
Le siège du NYSE, une des premières bourses mondiales

L’Ile de France : des pouvoirs de commandement régionaux, nationaux et mondiaux 16 et 17

• De même, une fine et opératoire analyse des dynamiques territoriales et sociales de ces grandes métropoles ne peut déconnecter en les « autonomisant » les fonctions et les échelles mondiales ou internationales des échelles nationales, régionales ou locales au risque de ne plus comprendre les problèmes d’emplois, de logements, de prix fonciers, de difficultés de circulation ou de ségrégation socio-spatiales.

C. La fracture numérique : 
un enjeu majeur d’insertion dans la mondialisation à toutes les échelles
Planche contact 2.2 cartes 18 à 25

D. Réseaux, pôles/hubs pavages et aires d’attraction : 
les exemples des transports aérien et maritime  26 à 32

Les détroits : le retour de la vieille géographie physique

Singapour : du comptoir colonial à la ville-Etat et à la place portuaire continentale de redistribution en Asie du Sud Est  34

Planche contact 2.3
Le Havre Port 2000 : un enjeu vital de développement 37
Le Havre Port 2000 : un avant port pour les containers 39
Le canal de Panama : un enjeu géostratégique majeur  40

E. Les flux migratoires :

Une mobilité contrainte pour quelles articulations d’échelles ? 
La vente de main d’œuvre sur le marché mondiale : un type d’insertion dans la mondialisation

Le territoire des Etats-Unis : les trois grands dispositifs géohistoriques  41 à 47

Le modèle français d’intégration : droit du sol et accès à la nationalité 48 54

La ségrégation socio-spatiale : un enjeu géopolitique interne considérable 
Planche contact 2.4      cartesChicago 55 - Londres 56
 

F. Division internationale du travail, délocalisations et mondialisation  57 à 63

Les IDE (investissements directs à l’étranger) et les stratégies de localisation des firmes transnationales
La géographie des IDE en France recoupe les grandes structures nationales
Les IDE allemands en France : Grand Nord Est et hiérarchie urbaine
Les IDE allemands en région : une forte spécialisation géographique

Bas salaires et taylorisme : des crises sectorielles, sociales et territoriales limitées mais sévères
les exemples du textile et de l’électronique
Planche contact 2.5 cartes 64 à 68

Les délocalisations des sous-traitants de l’électronique, le mythe d’un monde sans usines

Des dynamiques territoriales contrastées à toutes les échelles spatiales dans les pays développés et en développement 
Allemagne 69

L’insertion de la France dans l’UE et la mondialisation : des dynamiques territoriales contrastées : quelles solidarités maintenir ?70 
PACA 72
Moulinex : l’effondrement d’un système taylorien peu qualifié face à la concurrence asiatique 71

Ile Maurice : agriculture, tourisme et zones franches textiles 73
Le rôle central des politiques publiques : les zones spéciales indiennes La géographie des IDE au Viet-Nam :
le retour d’une césure millénaire entre le nord et le sud, entre Hainoi et Ho Chi MinVille 75
Le Mexique des Maquiladoras : la profonde césure Nord/Sud 76
La répartition de l’industrie dans le monde : un ensemble hiérarchisé 77 et 78

G. L’insertion du Brésil dans la mondialisation : l’exemple de l’agriculture

Planche contact 2.6
79 à 83 - commerce mondial des céréales 
cartes  85 à 89
Insertion dans la mondialisation, développement prédateur et équilibres mondiaux et nationaux :
la déforestation en Amazonie brésilienne
 

H - Dubaï, un mode d’insertion dans la mondialisation : comment survivre à l’après-pétrole ?
cartes 90 à 95
Les EAUnis :  4,6 millions hab 
83 600 km2 55 hab.km2 25 % moins 15 ans 19 600 $/hab 78 % pop urbanisées 
Pétrole : 10 em rang mondial 
Gaz : 14 em rang mondial
Abu Dhabi : 90% des ressources EAU
Gestion portefeuille de 500 MRD $
Dubaï Port World 5 % EAU surface 29 % pop, 26 % PIB
Dubaï, une ville mondiale ?
La recherche d’investisseurs mondiaux
L’explosion urbaine d’un vieux comptoir littoral :
bras de mer de 15 km quartier, 
Ville et Emirat construction conurbation de 50 km 3/4 pop étrangère, principalement Inde
40 % PNB non pétrolier grâce diversification éco.
Rôle du port de Jebel Ali dans les containers
zones d’ind lourdes
zone franche Djebel Ali dans assemblage/ conditionnement
zone franche aéroportuaire et gd hub aéroportuaire : 20 millions passagers, 50 % transit
devt tourisme international 

 

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3eme partie : Mondialisation : mythes et réalités

1. Le maintien de fortes spécificités culturelles
2. Articulation entre géopolitique et géoéconomie : le système turc
3. L’Afghanistan dans un arc de crise 
4. L’hypertrophie économisciste en échec face aux complexités du monde : les territoires des FTN

I . Le maintien de fortes spécificités culturelles
• Comment comprendre l’Inde sans les castes ?
• Comment comprendre la Chine sans les Guanxi ?
• Comment comprendre le Proche et Moyen Orient sans les tribues ?
• La construction des Etats-nations en débat
Le poids des structures culturelles et des mentalités : 
Les héritages socio-hiérarchiques et raciaux du monde hispanique Planche contact 3.1  cartes  - 3-01
Ou
en page html 3 (images 1 à 34)

Identités et structures sociales traditionnelles : une complexité bien difficile à maîtriser, le système tribal 3-02
L’instrumentalisation des réseaux alter-mondialistes pour peser sur le pouvoir central mexicain 3-04
 

II. Une puissance régionale en émergence : le système géostratégique de la Turquie
suite des cartes   3-05 à 3-10
Le système impérial turc qui s’effondre en 1918 est issu des 1er et 2eme Mondialisations.
• Du dépeçage du « Malade de l’Europe » à la création de la Turquie d’Ataturk
• La Turquie doit elle adhérer à l’UE ?
• Un système géostratégique articulé autour de trois axes essentiels :
l’ancrage géoéconomique et migratoire à l’Europe, le renouveau de la  sphère d’influence turcophone en Asie centrale, les rapports conflictuels avec les voisins arabes
Du système ottoman au système turc : basculements et permanences
Le champs migratoire turc : l’ancrage européen
L’espace turcophone
L’hydrogéopolitique du Tigre et de l’Euphrate : un conflit amont/aval avec le monde arabe
Les enjeux géopolitiques des transferts et zones de transit
La question kurde : une grave question géopolitique d’avenir
 

III. L’Afghanistan dans un arc de crise      Planche contact 3.2   cartes   3 - 12 à 3 - 15

- Création de l’Etat afghan comme zone tampon entre les Empires russe et Britannique des Indes à la fin du XIXeme siècle avec tracé des frontières
- Un espace pivot de très hautes montagnes au contact du monde perse à l’ouest, indien au sud-est et d’Asie centrale au nord qui sert de contact et d’axes de passage par les grands cols (% ex routes de la soie…).
- 5 composantes internes décisives
l’isolement comme choix stratégique dès le début, 
un Etat central faible dominé par les Pachtounes qui représentent 40 % de la population, 
un éclatement entre de nombreuses entités régionales isolées qui reflètent la géographie physique et ethnique, 
le maintien d’un système tribal retardataire, 
le rôle essentiel accordé à l’Islam le plus rétrograde.

- Basculant dans la sphère d’influence soviétique dans les années 1950, la crise politique du régime communiste en place, liée aux conflits entre fractions ethniques au sein même du PC afghan pousse à l’intervention militaire russe. A l’opposé, les Etats-Unis instrumentalisent les mouvements islamistes les plus radicaux dans leur stratégie de containment. Les créatures islamistes (cf Talibans appuyés et financés par les services pakistanais qui cherchent à étendre leur sphère d’influence en gagnant une certaine profondeur stratégique face à l’ennemi indien) se retournant ensuite contre Washington.  3-17 à 3-19
- La drogue en Asie : 3-16
 En 2005, la production de l’opium, malgrés les campagnes d’éradication des agences de l’ONU, demeure au centre de l’activité économique et de la richesses. Elle est évaluée à 47 % du PIB légal et représente en valeur 170 % des exportations légales et dix fois les recettes budgétaires de l’Etat en concernant 100 à 130 000 hectares en 2004/ 2005. 
 

IV. L’hypertrophie économisciste en échec face aux complexités du monde : les territoires des FTN

1. Aux articulations entre géoéconomie et géopolitique : les approches fonctionnelles
• Les grands facteurs géoéconomiques sont aussi des facteurs géopolitiques et géostratégiques
• Faire différence entre Hard Power et Soft Power
• Le marché et la concurrence ne sont rien sans le politique, le marché est d’abord et avant tout une construction politique variable dans le temps et l’espace
• Bien distinguer les différentes fonctions productives au sein de la firme.  3-20 à 3-21

2. LE marché, mais quel(s) marché(s) ?
- Il n’existe pas de marché mondial, ni d’économie mondiale mais des structures plus ou moins interconnectées et intégrées
- 52 % des échanges se font sur des bases continentales
- Il n’y a ni conjoncture mondiale, ni prix mondiaux
- Dans les produits grands publics, les FTN utilisent des formats et des normes différents selon les continents en créant donc des cloisonnements pour éviter le piratage et les fraudes
- Il existe une très grande diversité de structure selon les secteurs et produits (cf automobile)
- Les modes, traditions et cultures demeurent très vivaces et il n’y a pas de réel consommateur mondial
- Dans le pétrole, le prix mondial est le fruit de la fusion comptable de 6 à 7 grands marchés continentaux aux produits de nature et de qualité très différents
 

3 - Les résistances des territoires 3-22 à 3-25
• forte résistance des cultures, habitudes et modes de vie = échecs de biens uniformes (automobile, électroménager) ou les difficultés d’adaptation des transnationales de l’agroalimentaire.
• si barrières tarifaires sont abaissées, les barrières dites non-tarifaires demeurent qui renvoient au maintien de profondes spécificités d’ordre juridique, culturel ou socio-économique.
• La quête de la consommation des classes moyennes : la promotion d’un modèle consumériste universel est il tenable ?
• Dans les pays du sud, fragilité et immaturité du modèle, fortes tensions internes et explosions des inégalités socio-économiques
• Des territoires métropolitains privilégiés face à aux masses rurales et régions périphériques qui posent de graves problèmes de gestion et de développement durable
 

4 - Les firmes transnationales : des acteurs économiques, politiques et culturels 
Planche contact 3.3 -  cartes  3-27 à 3-35
Le poids des firmes transnationales
- sociétés- mères : de 6 000 à 63 000 en 1967/ 2001,
- filiales à l’étranger de 27 000 à 820 000 dt Caf X 5 1980/2000).
- CAF 200 1er = 25 % des activités économiques mondiales, 1/3 commerce mondial et essentiel des activités mondialisées avec 75 millions de salariés contre 40 millions en 1975 alors que la production des cent premières représente 20% du PIB mondial
- Sur les 30 millions de salariés travaillant à l'étranger, 60 % sont localisés dans les pays développés et 40 % dans le Tiers Monde, dont 50 % en Chine.
- La mondialisation est donc d’abord et avant tout un processus interne aux Pays développés (3/4 IDE dans Triade elle même).
- Mais assiste à l’émergence rapide de FTN du sud très dynamiques

5 - Le mythe de la firme mondiale : transnationales / multinationales

- Mais la firme véritablement multinationale, ou World Compagny, demeure rare face aux transnationales (FTN).

- Bien qu'internationalisées, ces firmes gardent un ancrage national décisif : économique, industriel, technologique, culturel ou géopolitique.

- Les cent premières FTN réalisent 51 % de leurs ventes à l’étranger et 60 % de leurs effectifs sont dans leur pays d'origine. Ceux-ci gardent le cœur des centres décisionnels et productifs (recherche et innovation, productions à haute valeur ajoutée). De l’adaptation des transnationales aux diversités géographiques ? FTN développent stratégies géographiques grande diversité selon leurs nationalités et leurs activités (accès aux matières 1er, marchés, bases productives réexportatrices) afin de se mouler le plus finement possible dans l’extrême complexité des territoires mondiaux.

- L’entreprise est elle même un fait culturel, social et politique autant qu’économique

-Les FTN se moulent le plus finement possible dans l’extrême complexité des territoires mondiaux. En adaptation permanente des articulations géographiques de leurs organisations internes entre productions, marchés et concurrence sans qu’un modèle clairement hégémonique n’émerge (produit, continent, produit/continent).

- La TN a une sainte horreur du risque (= dev risque-pays). Elles doivent tenir compte, en tentant de les anticiper, des menaces complexes qui peuvent peser sur leurs investissements, prix à payer aux nouvelles formes d’instabilité du monde que leurs stratégies produisent. Obligées de tenir en compte des interactions territoriales entre facteurs sociaux, culturels, politiques ou géopolitiques qui parfois entrechoquent temps longs et temps courts, conjoncture et structure.
 
copyright Laurent Carroue - novembre 2006

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Laurent Carroue est Professeur des Universités à  Paris VIII
directeur de recherche à l’Institut d’Etudes Européennes et à l’Institut français de géopolitique. 
Spécialiste de géographie économique, il est un des experts du groupe Mondialisation du Centre d’Analyse Stratégique / Commissariat Général au Plan. 

Il a publié : 
- La mondialisation", sous la direction Laurent Carroué, ouvrage collectif, CNED/SEDES, collection Capes-Agrégation, Paris, 2006, 312 pages,
- L'Atlas. Co-auteur. Le Monde Diplomatique/ Armand Colin, Paris, 232 pages, Paris, 2006.
- L"Europe. En collaboration avec C. Ruiz et D. Collet. Collection ECS. Bréal Editeur. Paris, 2006, 302 pages.
- La Mondialisation. Genèse, acteurs, enjeux ». En collaboration avec C. Ruiz et D. Collet. Collection Géogaphie Bréal Editeur. Paris, 2006, 352 pages.
- Globalisation, mondialisation, numéro thématique d'Historiens et Géographes, juillet 2006, 220 pages.
Pour le Comité National Français de Géographie (CNFG) et de l'Union Géographie Internationale (UGI)  
Article introductif : "Globalisation, mondialisation : clarification des concepts et emboîtements d'échelles".
- « La France. Les 26 régions », (en coll. Avec JC Boyer, J. Gras, A. Le Fur et S. Montagné Villette) Collection U - Géographie, Armand Colin, Paris, 2005, 366 p
- "La mondialisation en débat", La Documentation Photographique, dossier n°8037, La Documentation française, Paris, 2004.
- "Géographie de la mondialisation", Armand Colin, collection U, Paris, juin 2002, 254 pages, Paris, 4e tirage en novembre 2004.
- "L'Allemagne en mutation", en collaboration avec JC Boyer, Textes et Documents pour la Classe, TDC n°861, octobre 2003, Editions du CNDP  Paris.
- "Les fondamentaux de la géographie". Coll. Campus, sous la direction d'Yvette Veyret, Armand Colin, 2003, Paris.

Mise en ligne - D Letouzey 11/2006