Informatique
de communication
ou
Traitement
de l'information ?
A propos
d'un débat sur la liste H-Français (janvier 2005)
.
| HF Pascal
BOYRIES 14/1/2005
TICE,
veut dire "Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement",
derrière
ce vocable, on retrouve "information", "communication", mais la notion
de "Traitement de l'information" a totalement disparu.
Lorsque
l'on regarde les productions que l'on produit et qui sont proposées
sur la liste, c'est à 90% voie davantage (faudra que je prenne le
temps de compter), du PPT, du travail sur site web, donc de la communication...
pas du traitement (par la machine s'entend).
Au temps
des pionniers où les machines n'avaient pas les capacités
actuelles, elles étaient utilisées essentiellement pour du
traitement ... Titus, utilise les capacité des calcul de la machine,
en cela, il me semble intéressant, dans la même veine reste
les SIG, à une échelle tout autre, tout ce qui est questionnaire
en ligne, puis d'autres outils comme les logiciels de calcul d'itinéraire,
et j'en passe. Donc certes, il n'est pas très aisé à
prendre en main, mais en module ou en TPE, il me semble que ce type d'outil
donne plus de sens à l'usage de l'informatique que des PPT (...
que je produis aussi), surtout quand ils ne sont pas accompagné
d'une réflexion et contiennent des tartines de texte...
Le pavé
est lancé :) |
.
Merci à Pascal de placer
le débat sur le fond, pas seulement sur des querelles de personne…
même si le fond résulte de choix politiques dans l’éducation,
donc de personnes. Plusieurs de ces questions ont été abordées
dans l’article du Cartable de Clio, elles alimenteront le chapitre " internet
en débats " dans la Chronique de mars 2005.
http://hgtice.free.fr/peda/cartable.htm
Je n’ai ni les contraintes du webmestre
académique, ni l’expérience de concepteur de logiciel ou
de chef de projet. Et surtout, quand j’impulse un travail sur le croquis,
je n’ai ni décharge ni HSE à offrir pour dédommager
Francis, Jacques, Pierrick, Olivier, Claude… pour le temps passé.
Je peux seulement négocier la publication de 3 pages en couleurs
(environ 5000 F l’une) dans une revue à fort tirage.
Une nuance importante, ensuite :
le
"traitement" ne se limite pas au calcul et à la simulation.
Il est au coeur de toute activité
intellectuelle.
Lire, écrire, commenter,
disserter (composer), faire un croquis n’est-ce pas aussi " traiter
" de l’information ?
Il existe des logiciels permettant
d'analyser et de condenser des textes (Oracle).
Ils ne remplacent pas le plaisir
de la lecture d'un roman ou d'un ouvrage d'histoire. :-)
Dans le contexte actuel, la
très forte pression des médias valorise l'usage des images
au détriment du texte.
La TV se contente parfois du "micro-trottoir".
Mais les documentaires bénéficient
des possibilités d'animations en vidéo numérique.
Celles-ci sont très utiles pour le travail de reconstitution des
archéologues (documentaire sur des chantiers de fouilles en
Asie le 15/1/2005 sur France 5). L'exploitation scientifique et pédagogique
du plan de Rome (plan Bigot) à l'université de Caen est un
autre exemple de traitement efficace. Même si l’image ne donne à
voir qu’une hypothèse choisie par les scientifiques, parmi tous
celles qui sont possibles.
2 précautions :
. Le traitement, l'interprétation
n'est pas une science exacte : dans le cas de l'Irak, les EU ont interprété
à leur manière ce qui était sur les images prises
par leurs satellites (que voit-on ? ce qui existe ? ou ce que l'on veut
voir ?
. La puissance de calcul peut
également servir à enfoncer des portes ouvertes. Les
praticiens de l’histoire quantitative le savent. |
.
| La question
en sous-entend plusieurs autres :
- Quels
sont les rapports entre l'éducation et la recherche scientifique
?
- Quelles
pédagogies (apprendre à poser et à résoudre
des problèmes ? ou transmettre des savoirs ?)
- L'ordinateur
a-t-il modifié la place du manuel ?
- Qui produit
les supports didactiques ? tous les enseignants ? les éditeurs ?
- Quand
et comment les élèves ont-ils découvert les pré-requis
souhaités ?
- Si un
apprentissage technique est nécessaire, qu'apporte-t-il de spécifique
dans la formation des élèves ?
|
Ces préalables écartés,
je suis plutôt d’accord avec Pascal sur le fait que dans l’éducation,
l’informatique de communication a réduit la place de la programmation.
C’est un des éléments du naufrage du logiciel éducatif
évoqué par JF Joly en mai 2003.
La situation décrite par
Pascal a plusieurs origines.
La principale, c’est me semble-t-il
que les principaux responsables n’ont jamais montré un très
grand enthousiasme devant les usages pédagogiques de l’ordinateur.
Le verbe et la craie, cela va plus vite, apparemment, pour enseigner en
position de surplomb.
Cette différence, je l’ai
développée dans une double comparaison, avec les choix
en SES, et plus encore avec ceux des SVT (qui utilisent parfois
Titus). En SVT, les programmes ne se limitent pas à la description
et au survol. Ils comprennent aussi des manipulations, des hypothèses
explicatives, des expériences et des simulations, des sorties sur
le terrain (qui existent parfois aussi en géographie). J’ai entendu
à Blois 2 discours sur la systémique, 1 de géo, 1
de svt … La géo ne sortait pas gagnante.
La comparaison avec les SVT serait
à faire aussi pour les effectifs des classes. En SVT, l’horaire
classe entière est très réduit, les TD à effectifs
réduits ont une place majeure ; l’usage de l’ordinateur comme outil
de calcul et de simulation est central.
L'accent sur l'informatique pédagogique
a accompagné la mise en place des modules et l'élève
au centre.
La suppression de l'option informatique
a laissé des traces, que le B2I n'a pas encore effacées.
Par la suite, les TPE ont parfois
été vus,par certains responsables, comme un moyen d'imposer
aux professeurs réticents l'usage de l'ordinateur. C'était
oublier la formation préalable, aussi bien technique qu'intellectuelle.
La formation à la recherche documentaire est en général
assurée. http://lienshistoire.free.fr/index11.htm#docu
Celle de la pratique des logiciels
spécialisés ne l'est pas toujours. Je viens d'avoir l'exemple
d'un groupe, en ES, qui voulait réaliser une carte actualisée
du chômage en France, sans avoir la maîtrise d'Excel, ni celle
d'un logiciel de cartographie statistique.
Le poids des programmes a son rôle.
En géo de TES-L, avec un programme qui a été nettement
alourdi (pour combien de temps ?) par le groupe Frémont, lequel
d’entre nous aurait le temps de faire un TD sur New York ou sur Singapour
? Il faut espérer que ces espaces aient été étudiés
en 2de, et que les élèves s’en souviennent encore en terminale.
Le retour à des programmes
"encyclopédiques" (cf ceux de TES-L), l'échec de l'édition
numérique expliquent sans doute le repli sur des formes plus personnalisées
et plus artisanales, dont la pratique de la présentation de type
PowerPoint, facilitée par l'arrivée des vidéo-projecteurs.
Pour les professeurs comme pour les
élèves,
Internet est un outil à
double tranchant, et parfois une bonne raison pour perdre du temps.
Prenons le cas d'une étude
du rôle du commerce extérieur dans la puissance américaine.
Avant Internet, les TD des manuels,
sur double page, donnaient un support de travail déjà élaboré,
avec une sélection pertinente de données. Aujourd'hui, les
instituts statistiques mettent en ligne l'ensemble des chiffres qu'ils
ont produit, vendent ou diffusent gratuitement. La sélection des
données, leur interprétation est à refaire par chaque
utilisateur. http://censtats.census.gov/sitc/f_.shtml
Continuons sur l'exemple de la cartographie.
La cartographie statistique est
un exemple très stimulant de traitement de l’information.
Même si nous en connaissons
les limites
(en France, quel intérêt
géographique a la figuration d’une densité par département,
si on le compare aux échelles plus fines ?)
.
Logicarte - Typologie F pop
http://hgtice.free.fr/carto/ftypo.gif |
De l’expérience du logiciel
Logicarte,
je retire l’intérêt d’avoir accompagné le repérage
des besoins réels (en somme, la définition du cahier des
charges), en liaison avec l’équipement dont je disposais alors en
classe. Pas celui qu’un éditeur professionnel aurait pu posséder.
Tout comme j’ai apprécié le fait d’avoir pu rencontrer beaucoup
des collègues qui participent activement à cette liste.
D'autres collègues ont exploré
les possibilités offertes par les SIG et leurs limites en classe.
http://sgenevois.free.fr/sig.htm
Le Géo-événement
est un lieu essentiel pour suivre ce que les professionnels font avec ces
outils.
http://www.geo-evenement.com/
Cette expérience vient à
l’encontre du présupposé des premiers plans d’équipement
: on pensait alors que tous les profs allaient devenir des programmeurs
et des producteurs de logiciels éducatifs. Bien sûr, un prof
peut savoir et vouloir programmer (Thierry le fait à merveille,
Sylvain et d’autres également) ; mais pour nous, l’essentiel n’est-il
pas plutôt dans la définition de nos objectifs et de nos besoins
(pas si simple de mettre d’accord 3 profs d’HG ) ? Dans ce cas, il suffirait
de travailler en collaboration avec des informaticiens. |
Cabral 1500 -Tx acct naturel
http://hgtice.free.fr/carto/f99exn.jpg |
Géoclip - vote Le Pen
2002
http://www.geoclip.net/fr/flashgeoclip.php
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http://hgtice.free.fr/carto/japot.jpg |
Or qu’en est-il, aujourd’hui,
de la cartographie exigée au bac ?
Il me semble qu’elle porte sur 2
points principaux :
. soit dessiner un croquis où
l’élève apprend qu’Hokkaido doit être en vert ,
et où il faut savoir énumérer les périphéries
intégrées, les périphéries en voie d’intégration,
les périphéries en marge ou en réserve…
. soit commenter des cartes toutes
faites, où Toyota ne produit pas d’autos au Japon ! !
http://hgtice.free.fr/cartes.htm
La cartographie statistique est généralement
absente des sujets.
Ou alors présente dans une
carte où on " code " le sable des espaces libyens !
Cette situation résulte du
rapport de forces en 1995, entre partisans et adversaires des chorêmes.
Les responsables ont fait le choix
du croquis appris par cœur et dessiné à la main.
Qui a son intérêt.
A condition de traduire les réalités
géographiques sur le terrain, et pas les représentations
des géographes à la mode. |
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Toujours sur les Etats-Unis,
la nouvelle question sur la Façade atlantique a permis d’impulser
un travail collaboratif, à partir du croquis proposé par
Gérard Dorel.
Le résultat est en ligne,
et ne demande qu’à s’étoffer. A chaque collègue d’y
ajouter son savoir-faire personnel.
http://aphgcaen.free.fr/carto/amn.htm |
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C Clavel
: 13/1/2005
Les images
Spot achetées par l'EN sont d'un intérêt extraordinaire,
sans parler même de leur qualité.
Ces images
seront bientôt utilisées dans le projet Dakini (voir http://www.dakini.eu.com)
Sylvain
Genevois :
- Problème
n° 3 : comment redonner sa place à l'image satellitale à
travers le SIG ?
Soyons
clair : il ne s'agit pas de faire l'éloge de la supériorité
du SIG sur Titus ! Mon propos est seulement d'essayer de montrer que si
l'on doit faire des traitements sur des images satellitales, ceux-ci n'ont
d'intérêt qu'en amont d'une utilisation dans un SIG.
- Les images. D’accord avec Nicole
Mullier (13/1/2005)
La question n’est pas celui de leur
intérêt des vues fournies par Spot.
Mais de l’espace et du thème
à étudier.
Si je fais étudier les paysages
agraires, alors la définition limitée de l’image
de Mexicali est suffisante.
Par contre, si je veux enseigner
l’espace
urbain à Venise, je préfère les solutions visuelles
mises en ligne par Spaceimaging plutôt que les carrés de 10*10
m ou de 20*20 m. Si je souhaite mesurer l’impact social du tsunami à
Banda
Aceh, ce que DigitalGlobe a mis en ligne me semble très expressif
et très adapté.
Pour avoir suivi régulièrement
le Géo-Evenement, je suis convaincu que la géographie enseignée
passe trop à côté des applications de l’imagerie spatiale.
Quant au logiciel Titus, son apprentissage
et sa maîtrise ont mobilisé de nombreux formateurs :-)
Il doit exister d’autres outils
plus simples. Voilà très longtemps, j’ai utilisé une
application développée par D Mallaisy. Les profs de l’enseignement
agricole avaient fait d’autres choix, tout comme nos voisins belges.
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En un mot, la situation actuelle,
en HG, résulte de facteurs multiples.
La modifier supposerait une volonté
politique, à l’amont dans la définition des programmes
(un pas a été fait en géographie de seconde) et dans
la conception des outils didactiques.
A l’aval dans la formation des profs.
Les profs de STG sont experts en
tableur (Excel ou OpenOffice), en base de données, en logiciels
de dépouillement d’enquête. Certains historiens maîtrisent
ces outils. Mais ils ne sont pas encore la majorité.
Des questions
à développer :
Comment forme-t-on les élèves
à la maîtrise de ce traitement de l'information ?
Quels éléments des programmes justifient
davantage le recours à l'ordinateur et à l'automatisation
?
Quels sont les exemples réussis d'apport spécifique
de l'ordinateur ?
2 questions posées par John
Simkin, sur The Education Forum, en vue d'un séminaire à
Toulouse :
(1) What have you done (or seen
done) with ICT that has improved the quality of teaching/learning, that
would have been impossible/difficult to achieve without ICT?
http://educationforum.ipbhost.com/index.php?showtopic=2884
(2) What would you like to be able
to do in future with ICT to improve the quality of teaching/learning, that
is currently impossible/difficult to achieve?
http://educationforum.ipbhost.com/index.php?showtopic=2885
sur les archives de la liste H-Francais (janvier 2005),
les messages complets de
Christophe
Clavel
Pascal
Boyries
Sylvain
Genevois
d'autres articles sur l'utilisation de l'ordinateur
: http://clioweb.free.fr/ipeda.htm
DL 01/2005 |